"Ce n’est pas fini, ça continue" : à Melun, l'hôpital soigne à nouveau des malades du Covid-19

Depuis trois semaines, l'hôpital de Melun en Seine et Marne voit arriver chaque jour au moins un nouveau malade du coronavirus, laissant craindre l'arrivée d'une seconde vague épidémique.

Article rédigé par
Victor Vasseur - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Le couloir du service de réanimation de l'hôpital de Melun en Seine-et-Marne, le 14 juillet 2020. (VICTOR VASSEUR / RADIO FRANCE)

Est-ce le signe précurseur d'une seconde vague de l'épidémie de coronavirus en France ? Depuis trois semaines, l'hôpital de Melun (Seine-et-Marne) voit arriver chaque jour au moins un nouveau malade du coronavirus. Pour le moment toutefois, le long couloir du service de réanimation est désert et les portes vitrées sont fermées, ce mardi 14 juillet. Le chef de l'unité, Mehrane Monchi, se souvient : "Durant la période Covid, il y avait un panneau Covid-19 sur toutes les portes." Début avril, jusqu'à 200 patients touchés par le coronavirus étaient hospitalisés. Lors du déconfinement en mai, plus aucun malade n'était accueilli ici.

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Mais ce n'est plus le cas aujourd'hui, explique Mehrane Monchi : "Depuis deux à trois semaines, c’est un malade par jour. Quand on fait les moyennes, la tendance est régulièrement, petit à petit, en augmentation. On arrivera peut-être à deux malades cette semaine… "  En ce moment, un patient est même en réanimation, touché par le Covid-19, une première depuis trois mois.

"Cela nous rappelle des souvenirs"

Ce patient malade arrivé en réanimation en début de semaine est un retraité. Et pour les infirmières, c'est un très mauvais signal. Laetitia travaille en service de réanimation depuis dix ans. "Cela nous rappelle des souvenirs, le fait de devoir se rhabiller, de mettre le masque, la visière, les lunettes, la charlotte, la casaque et les gants." Un nouveau patient en réanimation, trois mois après le dernier, ce n'est pas étonnant se désole Marion, une infirmière de 27 ans. Car les gestes barrières sont moins respectés.

Il y a une certaine part de frustration et de colère, parce que l’on sait que le premier rempart au coronavirus, c’est justement les gestes barrières, la distanciation sociale, le lavage des mains et le port du masque.

Marion, infirmière

à franceinfo

Pendant le pic de l'épidémie, c'était le système D dans cet hôpital, il manquait de tout : des masques, des charlottes, des médicaments. Et encore aujourd'hui, il existe quelques soucis, affirme Marion. "On connaît quelques difficultés d’approvisionnement avec les blouses de protection. Et puis concernant les gants, on a reçu une notification comme quoi il y aurait une pénurie au niveau national. On nous demande de faire attention, le temps qu’on puisse essayer d’en trouver pour constituer les stocks."       

Le chef du service de réanimation Mehrane Monchi le martèle, il ne faut surtout pas se relâcher. Le virus est encore là. "On ne peut pas dire qu’on ne s’attendait pas à ce qu’il y en ait d’autres [malades] qui arrivent. Ce n’est pas fini, ça continue. J’avais dit quand l’épidémie s’était terminée : on se retrouve comme quelqu’un qui a essuyé une tempête sévère et qui est dans une situation calme. D’un seul coup, on se demande si on est dans l’œil du cyclone et qu’on va reprendre une autre tempête derrière, ou si c’est vraiment fini. La question est toujours là." En plus du retraité en réanimation, il y a en ce moment cinq autres patients, touchés par le Covid-19, soignés à l'hôpital de Melun.

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