Déconfinement : voici les règles à respecter dans les entreprises

Le ministère du Travail a publié dimanche un protocole que toutes les entreprises vont devoir respecter dans le cadre du déconfinement à partir du 11 mai.

Au centre de tri au bureau de Poste du Capitole à Toulouse, le 30 avril 2020.
Au centre de tri au bureau de Poste du Capitole à Toulouse, le 30 avril 2020. (FR?D?RIC SCHEIBER / HANS LUCAS / AFP)

Distances entre salariés, désinfection des locaux, fourniture de masques de protection... A une semaine du déconfinement, les règles de reprise d'activité se précisent pour les entreprises. Le télétravail doit rester la norme, surtout en Ile-de-France. Mais pour les salariés qui vont retourner physiquement au travail, il y aura des consignes strictes à respecter. Ainsi, un protocole national de déconfinement (PDF), basé sur des critères "universels", a été diffusé dimanche 3 mai par le ministère du Travail, confirmant une information du Journal du dimanche.

En cas de non-respect de ces mesures, communes à toutes les entreprises et associations, quels que soient leur taille, leur lieu d'implantation et leur secteur d'activité, les employeurs engageront leur responsabilité civile et pénale. "Ces règles viennent en complément" des guides déjà disponibles sur le site du ministère, qui détaillent les mesures d'hygiène et de distanciation sociale "métier par métier", rappelle le ministère.

Un espace minimum de 4 m2 par salarié

Si les entreprises, commerces et établissements accueillant du public veulent faire revenir leurs salariés à partir du 11 mai, ils doivent en premier lieu prévoir l'instauration d'un espace minimum de 4 mètres carrés par salarié, avec une gestion des flux et des sens de circulation pour éviter les croisements. Cette règle s'applique également aux espaces communs, dont les ascenseurs, où ne pourront donc pas monter plus d'un ou deux salariés à la fois. Et il faudra "privilégier une personne par bureau". Pour un espace de travail de 100 mètres carrés, on ne pourra pas dépasser 25 personnes au total.

Des masques à fournir aux salariés sous conditions

"Lorsque, et seulement lorsque, certaines situations (en principe réduites au maximum par application des mesures collectives) comportent un risque non maîtrisable de rupture accidentelle de cette distanciation (...), des mesures complémentaires comme le port du masque 'grand public' sont à mettre en place", précise le ministère.

Ainsi, quand les règles de distanciation sociale ne peuvent pas être respectées, le port du masque devient "obligatoire". C'est à l'entreprise d'en fournir à ses salariés. Il faudra par contre "éviter de porter des gants", qui donnent "un faux sentiment de protection" car eux-mêmes "vecteurs de transmission" du coronavirus.

Des horaires à réorganiser

Pour éviter aux employés de se croiser, un "sens unique de circulation" dans "les ateliers, couloirs et escaliers" avec "marquage lisible au sol" fait partie des "bonnes pratiques à promouvoir", tout comme la "réorganisation des horaires pour éviter les arrivées nombreuses".

Des locaux à désinfecter et à aérer plusieurs fois par jour

Les locaux et poignées de portes devront être désinfectés quotidiennement, voire plusieurs fois par jour, tout comme les interrupteurs et les rampes d'escalier. Les portillons de sécurité seront condamnés ou du gel hydroalcoolique proposé à proximité. Les locaux fermés doivent être aérés 15 minutes trois fois par jour.

Pas de prise de température imposée

La prise de température, jugée trop intrusive, ne pourra en revanche pas être imposée aux salariés. Même chose pour les campagnes de dépistage du coronavirus, qui ne pourront pas être obligatoires, selon le ministère. Mais le salarié est "invité" à mesurer lui-même sa température "en cas de sensation de fièvre", et plus généralement, "d'auto-surveiller" l'apparition de "symptômes évocateurs".