Déconfinement : modérer les salaires serait la "pire des choses", avertit le secrétaire général de FO Yves Veyrier

Le responsable syndical estime que les entreprises qui proposent une baisse des salaires comme alternative aux licenciements exercent une forme "inacceptable" de "chantage".

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Le secrétaire général de FO, Yves Veyrier, lors d'une manifestation contre la réforme des retraites, le 3 mars 2020 à Paris. (BERTRAND GUAY / AFP)

Modérer ou baisser les salaires pour aider les entreprises à surmonter la crise serait "la pire des choses", a mis en garde le secrétaire général de FO, Yves Veyrier, lors d'un entretien à Europe 1, samedi 6 juin. "Ce que nous craignons", "ce que nous ne voulons pas", c'est que des entreprises présentent une baisse des salaires comme la seule alternative à des licenciements. Il s'agirait, pour le représentant syndical, d'une forme "inacceptable" de "chantage".

Face à la situation de sortie de crise sanitaire liée au Covid-19 et la reprise progressive de l'activité, Yves Veyrier a dénoncé la "petite musique de la modération salariale", en refusant "qu'elle soit orchestrée par le gouvernement à travers le dispositif d'activité partielle", qui prend en charge 84% du salaire net dans la majorité des cas.

Protéger le pouvoir d'achat des salariés

La ministre du Travail Muriel Pénicaud a récemment appelé les entreprises à limiter les "risques sur l'emploi", en négociant éventuellement des "accords de performance collective", une possibilité ouverte par les ordonnances travail de 2017. Par ce biais, les employeurs peuvent, via un accord avec des organisations syndicales représentant la majorité du personnel, baisser le temps de travail et la rémunération en période de crise.

Pour Yves Veyrier, "il faut que l'Etat, quoi qu'il en coûte, s'implique aussi pour protéger notamment l'emploi, mais aussi le pouvoir d'achat des salariés". Il ajoute qu'une baisse des salaires serait préjudiciable à la consommation, et donc à la reprise. "Si vous enlevez quelques dizaines, voire quelques centaines d'euros" aux salariés, dont le salaire médian est d'environ 1 800 euros net par mois, "il ne faudra pas compter" qu'ils puissent s'acheter une voiture ou aller davantage au restaurant.

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