Déconfinement : le ministre de l'Economie écarte le rétablissement de l'ISF et toute hausse d'impôts

Bruno Le Maire a souligné l'importance de mobiliser pour la reprise l'épargne des Français, qui ont réduit leur consommation.

Le ministre de l\'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, lors d\'une conférence de presse depuis l\'hôtel Matignon, à Paris, le 7 mai 2020.
Le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, lors d'une conférence de presse depuis l'hôtel Matignon, à Paris, le 7 mai 2020. (CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP)

Une reprise timide. "L'économie française redémarre doucement", a estimé jeudi 14 mai sur BFMTV le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, qui a écarté le rétablissement de l'impôt sur la fortune et toute hausse d'impôts, quatre jours après la fin du confinement.

"C'est très facile de rétablir l'ISF. Si je voulais être populaire, j'irai demain annoncer (...) nous allons rétablir un 'impôt sur les riches' et la France ira mieux. Mais ce n'est pas vrai, c'est un pur mensonge, c'est de la pure démagogie: on l'a fait pendant des années, ça n'a pas marché, ça n'a pas enrichi la France, pas amélioré la prospérité", a affirmé le ministre de l'Economie et des finances.

En outre, "je ne crois pas que revenir sur les baisses d'impôts que nous avons faites serait un bon choix, puisqu'au contraire ça donnait des résultats. La politique fiscale que nous avons menée a rendu le pays plus attractif, a amené des investissements, a donné de la croissance et de la prospérité", a-t-il dit.

"Une crise violente, durable, l'affaire d'années, pas de mois"

"Le redémarrage est progressif... Je préfère un redémarrage par étape que brûler les étapes et risquer l'interruption", a encore déclaré le ministre face au risque d'une seconde vague épidémique. Il s'agit d'"une crise violente, durable, l'affaire d'années, pas de mois", a encore jugé Bruno Le Maire, après un confinement qui a fait perdre à l'économie un tiers de son activité durant deux mois.

Le ministre a souligné l'importance de mobiliser pour la reprise l'épargne des Français, qui ont réduit leur consommation. "Cet argent n'est pas fait pour être taxé par l'Etat, je veux que nous les incitions à investir dans l'économie française pour qu'elle redémarre", a-t-il souligné.

Et d'ajouter qu'il ne pense pas "que la baisse de la TVA soit la bonne mesure pour les secteurs" touchés par la crise ni "la bonne solution pour l'économie française". Souvent invoquée comme un moyen de relancer la consommation, elle coûterait en outre "des dizaines de milliards d'euros" aux finances publiques.