VIDEO. Déconfinement : "On entre dans la période la plus périlleuse de l'épidémie", redoute l'urgentiste Philippe Juvin

Le chef des urgences de l'hôpital Pompidou craint, "fin mai, début juin", "la conjonction possible des deux vagues de patients : les patients Covid et les patients non-Covid".

FRANCE 2

"Paradoxalement, on entre dans la période la plus périlleuse de l'épidémie." Le chef des urgences de l'hôpital Pompidou, Philippe Juvin, redoute la "conjonction" de "deux vagues de patients" après le début du déconfinement en France. "La nouveauté que nous pouvons craindre d'avoir fin mai-début juin, c'est à la fois d'avoir des patients Covid qui vont s'infecter du fait du déconfinement, ce qui est normal, (...) et des patients que nous n'avions pas fin mars [lors de la première vague], qui n'ont pas le Covid mais dont l'état de santé s'est dégradé parce qu'ils étaient chez eux", dit-il.

La stratégie du gouvernement - tests des cas suspects, isolement des cas, limitation des transports entre régions - semble pertinente pour lutter contre une deuxième vague de la pandémie. "Le Premier ministre a eu raison de dire qu’il fallait protéger, tester et isoler. C’est la bonne solution. La question est maintenant de savoir si nous sommes capables de le faire en pratique", prévient le médecin. 

D'après Philippe Juvin, par ailleurs maire (LR) de la Garenne-Colombes, les 1 000 à 3 000 nouveaux cas de Covid-19 par jour, sur lesquels table le gouvernement au 11 mai, paraîssent crédibles vue l’évolution de l’épidémie. "C'est crédible oui, mais le Premier ministre a été très clair : si les chiffres venaient à monter, et j’ajoute, si les conditions sanitaires du déconfinement ne sont pas remplies, il y aura un déconfinement partiel", explique l'élu. 

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L\'urgentiste Philippe Juvin dans son bureau de l\'hôpital Pompidou, à Paris, le 25 mars 2020.
L'urgentiste Philippe Juvin dans son bureau de l'hôpital Pompidou, à Paris, le 25 mars 2020. (THOMAS SAMSON / AFP)