Crise du Covid-19 : le président de l'institut Sapiens constate "une accélération" des paiements dématérialisés

Pour Olivier Babeau, le président de l'institut Sapiens, un groupe de réflexion sur l'économie, la crise sanitaire n'est peut-être pas un "tournant", mais une "accélération" de la transformation des modes de paiement et d'échanges monétaires.

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Radio France
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Le président de l'institut Sapiens, Olivier Babeau, le 28 septembre 2019. (SAMEER AL-DOUMY / AFP)

Avec la crise du Covid-19, les échanges d'argent en liquide ont diminué pour laisser la place au paiement par carte bleue, notamment via le paiement sans contact, jugé plus sécurisant d'un point de vue sanitaire. Olivier Babeau est le président de l'institut Sapiens, un groupe de réflexion sur l'économie, pour lui, la crise sanitaire n'est "peut-être pas un tournant, mais une accélération" de la transformation des modes de paiement et d'échanges monétaires.

On prévoyait, même avant la pandémie, que d'ici 2025 on ait une baisse de 20% des paiements en cash en France. 

Olivier Babeau

à franceinfo

Les paiements par carte bleue sans contact ont bel et bien progressé, notamment grâce à l'augmentation du plafond de paiement de 30 à 50 euros le 11 mai. La Banque de France doit donner le détail des chiffres la semaine prochaine. Olivier Babeau reprend les données avancées par la Banque centrale européenne : "30% des paiements de moins de 50 euros dans la zone euro se faisaient seulement en cash. C'est assez peu et c'est une tendance qui baisse." La France n'est pas une fervente utilisatrice d'argent liquide.

En Europe, chez les commerçants, 79% des paiements se faisaient en liquide en magasin. En France c'était seulement 68.

Olivier Babeau

à franceinfo

Pour autant, il n'est pas envisageable pour le président de l'institut Sapiens d'envisager une disparition totale de l'argent liquide dans les années à venir. "En réalité, il fera probablement de la résistance pendant extrêmement longtemps", avance-t-il. Même si la disparition de l'argent liquide "arrangerait tout le monde, y compris l'Etat qui y verrait un très grand intérêt", affirme Olivier Babeau. "Dans un premier temps, connaître. Il n'y aurait plus de choses qui passeraient sous son radar, on connaîtrait tous les échanges. Et dans un deuxième temps probablement fiscaliser ces échanges de façon un peu plus précise, c'est notamment ce que les gens craignent." La longévité de l'argent liquide est donc garantie selon Olivier Babeau, car il reste "une des dernières zones de liberté dont bénéficient les citoyens, qui reste sous les radars de l'Etat".

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