Crise à Air France en raison du Covid-19 : pour FO, "s'il n'y a pas de départs contraints, il n'y aura pas de problèmes"

La compagnie aérienne enregistre une perte nette d'1,8 milliard d'euros en raison de la crise liée au coronavirus. Elle envisage de réduire les effectifs pour passer le cap. Le représentant de Force ouvrière prévient qu'il s'opposera à tout départ contraint.

Air France-KLM (illustration).
Air France-KLM (illustration). (AURELIEN MORISSARD / MAXPPP)

Air France-KLM enregistre les premiers effets de la crise du coronavirus sur son trafic avec une perte nette de 1,8 milliard d'euros au premier trimestre 2020. Et le groupe anticipe des retombées encore plus désastreuses pour ses finances d'ici l'été. Benjamin Smith, le PDG d'Air France-KLM, va entamer des discussions avec les syndicats français sur une éventuelle réduction des effectifs.

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"S'il n'y a pas de départs contraints, il n'y aura pas de problèmes", a réagi Karim Taïbi, représentant de Force ouvrière chez Air France. "À Air France, le pacte social a toujours été garanti, nous avons toujours eu des départs non contraints à travers des plans de départs volontaires. Si nous nous inscrivons dans ce schéma, il n'y aura pas de problèmes. Nous serons opposés à tout départ contraint dans la compagnie".

franceinfo : Que pensez-vous des premières lignes de ce plan ?

Karim Taïbi : Nous sommes inquiets vis-à-vis des suppressions de postes. Nous lisons la presse, pour le moment nous n'avons pas été conviés à des réunions d'Air France, ça ne saurait tarder. Nous devrions avoir les premières réunions la semaine prochaine. À Air France, le pacte social a toujours été garanti, nous avons toujours eu des départs non contraints à travers des plans de départs volontaires. Si nous nous inscrivons dans ce schéma, il n'y aura pas de problèmes. Nous serons opposés à tout départ contraint dans la compagnie.

Est-ce que vous pensez pouvoir y échapper malgré la crise actuelle ?

Je ne partage pas l'idée qu'on ne pourrait pas y couper. Il y a un nombre de départs structurels dans la compagnie que nous pouvons éviter. Maintenant, si le plan de départs volontaires est attractif, il trouvera preneur. Je ne pense pas que nous irons vers des départs contraints.

Air France, avant cette crise, était en période de croissance. Nous allons traverser une période de turbulences comme toutes les compagnies. Mais ça sera une période avec une date limite, ça ne durera pas pendant des années.Karim Taïbi, représentant de FO chez Air Franceà franceinfo

Il ne faut pas se mettre à défaut pour mieux reprendre le rebond de la croissance quand elle reviendra, dans deux ou trois ans selon les experts.

Êtes-vous aussi optimiste que le secrétaire d'État aux transports Jean-Baptiste Djebbari sur la capacité de Ben Smith à poser le problème de façon pragmatique ?

Nous serons très attentifs à ce que va dire Ben Smith. S'il évoque des départs contraints, même si monsieur Djebbari lui apporte son soutien, ça ne sera pas aussi simple dans l'entreprise. C'est ce que nous disons à Force ouvrière. Nous pouvons nous mettre autour de la table pour discuter d'un plan de départs volontaires. S'il s'agit de départs contraints, nous ne serons pas autour de la table mais en face de la direction.