"Covid chronique" : ces patients qui n'arrivent pas à se débarrasser du virus et tombent plusieurs fois malades

Les cas sont très rares, mais il arrive que certains patients atteints du Covid-19 ne se débarrassent pas du coronavirus, ce qui entraîne des rechutes régulières. franceinfo a rencontré l’un de ces patients atteints de "Covid chronique".

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Radio France
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Une infirmière prend la température de Christophe, 52 ans, atteint de "Covid chronique" à l'Institut anticancer Gustave Roussy de Villejuif. (SOLENNE LE HEN / RADIO FRANCE)

Christophe pensait en avoir fini avec le Covid-19. Il a eu une infection en novembre dernier qui a duré quelques semaines. Puis en janvier-février, bonne nouvelle, plusieurs tests PCR sont négatifs. Le quinquagénaire se remet à ses travaux de rénovation dans sa maison jusqu’à une rechute subite. "J’étais en train de discuter dans mon jardin avec le voisin et d’un seul coup j’ai senti comme un coup de froid, raconte Christophe. Je me suis dis que j’avais dû choper la crève. En fin de compte le Covid s’est réactivé."

On connaissait les patients souffrant de "Covid long", avec des séquelles qui perdurent des semaines, voire des mois, après la fin d’une infection au Covid-19 mais il y aussi le "Covid chronique". Le coronavirus reste présent dans leur corps, dans leurs bronches pendant des mois, et occasionne des rechutes régulières.

"J’évite un maximum les sorties"

En regardant de plus près les poumons de Christophe grâce à une fibroscopie, les médecins découvrent que trois mois après être tombé malade, le coronavirus y est toujours présent. Il s’agit d'un Covid chronique, le virus est encore là, actif, contrairement à ce qu’on appelle un "Covid long". "J’ai l’impression d’avoir reculé de trois mois", déplore Christophe.

"Je suis essoufflé et j’ai de la fatigue comme il y a trois mois."

Christophe, atteint de "Covid chronique"

à franceinfo


Christophe est probablement toujours contagieux. Il doit être vigilant à tout instant. "J’évite un maximum les sorties, explique-t-il. Quand je vais chercher le pain, je fais attention avec mon masque. Je rentre dans la boutique, je prends le pain, je sors. J’essaye de faire  l’appoint, de manière à ce que la vendeuse ne me rende pas la monnaie. Ça perdure dans le temps et des fois ça prend un peu la tête. Après on va continuer, on va avancer et on va essayer de se débarrasser de ça."

Des malades déjà immunodéprimés

S’en débarrasser, ce n’est pas si simple car Christophe est imuno-déprimé. Il se remet tout juste d’un cancer de l’estomac et son corps ne produit pas suffisamment d’anticorps pour éliminer le virus. Le docteur Fanny Pommeret, de l’institut anticancer Gustave Roussy de Villejuif, a suivi une vingtaine de cas similaires. Elle confirme, le "Covid chronique" touche des malades qui étaient déjà immunodéprimés : "Cela concerne des patients qui ont déjà une hémopathie maligne c’est-à-dire qui ont un cancer du sang ou des ganglions, explique Fanny Pommeret. Il y a aussi des patients transplantés ou qui peuvent aussi recevoir des traitements immunosuppresseurs très lourds pour des maladies auto-immune comme la sclérose en plaque. Les patients ne développent pas leurs propres anticorps.”

Pour aider ces patients à vaincre le virus une bonne fois pour toutes, l’Institut Gustave Roussy et l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) testent aujourd’hui le plasma de convalescents. Ils injectent aux malades souffrant de Covid chronique des anticorps de patients guéris.

Les malades de "Covid chronique" : reportage de Solenne Le Hen
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