Covid-19 : "Nous avons 400 000 masques chirurgicaux en commande et nous ne sommes toujours pas livrés", affirme un distributeur

Le responsable de l’un des principaux distributeurs de masques chirurgicaux en France alerte aussi sur les produits qui circulent sur le marché mais qui ne sont pas aux normes.

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Radio France
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Des touristes asiatiques portant des masques à Paris, le 31 janvier 2020. (AFP)

Face à la propagation de l'épidémie de coronavirus Covid-19, le gouvernement français a demandé aux fabricants de masques chirurgicaux d'accélérer leur production, pour atteindre un rythme de 35 à 40 millions de masques par mois. "Je pense qu'il va y avoir un problème, parce que les fabricants français ont des capacités de fabrication limitées", avertit mercredi 26 février sur franceinfo Antoine Chonion, président de Robé médical, dans les Vosges, l’un des principaux distributeurs de ces masques.

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franceinfo : Un million de masques par jour, est-ce réaliste ?

Antoine Chonion : Depuis le début de cette crise, nous avons commandé des masques. Cela fait pratiquement un mois, nous avons 400 000 masques en commande chez l’un des deux fabricants français qui ont des usines sur le territoire, et nous ne sommes toujours pas livrés. J’ai fait le tour de mes confrères et c’est exactement la même situation. Il y a énormément de produits qui circulent sur le marché qui ne sont pas toujours aux normes, il faut faire très attention et acheter aux professionnels comme nous ou comme en pharmacie.

Je pense qu’il va y avoir un problème parce que les fabricants français ont des capacités de fabrication limitées. La Chine n’a pas le droit d’exporter de masques, il y a des fabricants italiens qui fournissent pour le marché italien, il y a quelques fabricants en Pologne et en Turquie mais ils ne sont pas tous aux normes. Les secteurs les plus demandeurs, comme les Croix-Rouge qui accueillent par exemple à Roissy, ont pu être un peu livrés. Aujourd’hui, nous sommes dans l’attente des fabricants qui nous disent être surchargés de commandes. Certains ont vendu à l’export, [notamment en] Chine.

Est-ce que ça veut dire que même si on arrive à augmenter la cadence de production, il faudra fixer des priorités, ou réserver ces masques aux personnels médicaux et personnes les plus fragiles ?

Oui très certainement, en tout cas c’est ce que nous allons faire même si nous n’avons pas d’instructions là-dessus. La médecine de ville, notre secteur principal, c’est-à-dire les médecins libéraux, les infirmières, les ambulanciers, les acteurs du soin au domicile, nous allons les privilégier dans nos livraisons.

Le risque est-il que les Français se reportent sur un marché de la contrefaçon ou un marché des masques achetés sur internet et de moins bonne qualité ?

Oui, parce que tout le monde n’est pas spécialiste des normes de masques. Les normes européennes sont de très bonne qualité. Les normes américaines sont moins difficiles à obtenir. Il ne sert à rien d’acheter des masques qui n’ont pas d’efficacité.

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