Covid-19 : "La situation est toujours sous pression, mais ça s'améliore", selon un réanimateur

"La pression est moindre, mais par contre, nous avons toujours la totalité de nos lits remplis par des patients très infectés par le Covid-19", a expliqué le chef du service réanimation de l’hôpital Lariboisière à Paris.

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Radio France
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Une unité de réanimation pour les formes graves de Covid-19 (illustration). (SEBASTIEN BOZON / AFP)

"Le nombre de patients qui doivent être admis en réanimation diminue significativement", a confirmé lundi 10 mai sur franceinfo Bruno Mégarbane, chef du service réanimation de l’hôpital Lariboisière à Paris. Selon les chiffres de Santé publique France publiés dimanche, 4 971 personnels se trouvent actuellement dans les services de soins critiques pour des formes graves de Covid-19, soit 1 000 personnes de moins qu'au pic de la troisième vague, le 26 avril.

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franceinfo : Sentez-vous la pression baisser dans vos services ?

Bruno Mégarbane : On va dire qu'il y a un mieux dans le sens où, effectivement, le nombre de patients qui doivent être admis en réanimation diminue significativement, c'est-à-dire que nous sommes moins appelés pour prendre des patients qui ont des formes graves de Covid-19. Il y a eu une dizaine de jours, nous recevions environ 30 coups de fil par jour pour prendre des patients. Malheureusement, nous n'avions pas les places et donc nous refusions ces patients, qui étaient transférés dans des lits disponibles en Île-de-France.

Aujourd'hui, la pression est moindre, mais par contre, nous avons toujours la totalité de nos lits remplis par des patients très infectés par la Covid-19. Nous sommes toujours au-delà de nos murs, c'est-à-dire que nous avons des lits dans des secteurs qui ne sont pas dédiés habituellement à la réanimation avec pour conséquence, évidemment, la nécessité de déprogrammer un certain nombre d'activités et donc de réduire l'offre de soins.

Donc, la situation est toujours sous pression, mais il est vrai que ça s'améliore. Il faut surtout être optimiste, parce que ce que nous vivons aujourd'hui, en fait, reflète les contaminations d’il y a dix jours. Or, depuis dix jours, le nombre de contaminations a très nettement diminué. Donc, il est quasi certain que dans les dix jours qui viennent, la pression sur la réanimation va se réduire. Il est probable que dans dix jours, nous puissions retourner dans nos murs.

Mais il n’est toujours pas d’actualité de refermer des lits supplémentaires consacrés au Covid-19 ?

Évidemment, nous avons des injonctions de l'administration, qui veut absolument tout fermer. Mais malheureusement, c'est impossible. En fait, même si le nombre absolu de patients ayant la Covid-19 qui nécessitent la réanimation diminuent, il faut savoir que depuis quelques jours, en parallèle, il y a une augmentation très importante du nombre de patients qui n'ont pas la Covid-19 et dont l'état est critique et justifie tout autant la réanimation. En fait, nos lits sont toujours totalement pris. Par contre, effectivement, le ratio des patients ayant la Covid-19 diminue légèrement au détriment de ceux qui n'en ont pas. Alors, il se peut que ces patients aient peut-être un peu attendu et que, malheureusement, désormais, ils soient dans des formes critiques.

Doit-on faire un trait sur le vaccin AstraZeneca ?

C'est un vaccin parfaitement efficace pour protéger contre les formes graves de la Covid-19. C’est le vaccin le plus utilisé dans le monde. Les gens ne sont pas idiots s'ils se sont fait vacciner, c’est que, vraiment, c’est efficace. Il est vrai qu'il y a eu des cas de complication thrombotiques. Ces cas sont extrêmement rares. Un cas pour 300 000 vaccinations, c'est relativement rare. Le fait de réserver ce vaccin aux personnes de plus de 55 ans réduit les risques. Il est à nouveau dommage de voir encore aujourd'hui venir des personnes en réanimation pour des formes graves de Covid-19 lutter contre la mort, alors que le vaccin est à portée de main, alors qu'elles auraient pu se faire vacciner. Et pour certaines, elles avaient le rendez-vous dans leur poche, elles avaient l'intention de le faire et malheureusement, elles ont été rattrapées. Aujourd'hui, sur le territoire national, la quasi-totalité des souches qui circulent est parfaitement sensible au vaccin. Il faut donc se protéger.

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