Covid-19 : l'ibuprofène "n'est pas associé à une augmentation de la mortalité ou de la gravité" du virus, selon une étude

"Nous avons maintenant une preuve nette que les AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens) peuvent être utilisés en toute sécurité chez les patients qui ont le Covid-19", a commenté l'auteur principal  d'une étude publiée dans la revue médicale "The Lancet Rheumatology".

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Une boîte d'ibuprofène le 14 mars 2020, à Paris. (ANTOINE KREMER / HANS LUCAS / AFP)

Aucun risque. Prendre des médicaments anti-inflammatoires de la famille de l'ibuprofène n'augmente pas les chances de faire une forme grave de Covid-19 ni d'en mourir, selon l'étude publiée vendredi 7 mai dans la revue médicale The Lancet Rheumatology (en anglais) et portant sur 72 000 patients. "Nous avons maintenant une preuve nette que les AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens) peuvent être utilisés en toute sécurité chez les patients qui ont le Covid-19", a commenté l'auteur principal de l'étude, Ewen Harrison (université d'Edimbourg, Royaume-Uni), cité dans un communiqué.

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Les auteurs de l'étude ont examiné les données de 72 000 malades du Covid admis dans 255 centre de soins d'Angleterre, d'Ecosse et du pays de Galles entre janvier et août 2020. Parmi eux, 4 211 avaient pris des AINS (essentiellement de l'ibuprofène) avant leur hospitalisation. Selon l'étude, la proportion de décès était similaire chez les patients qui avaient pris des AINS et ceux qui n'en avaient pas pris (30,4% et 31,3%).

En outre, "au moment de l'admission à l'hôpital, nous n'avons observé aucune différence significative entre les deux groupes du point de vue de la gravité de l'état des patients", écrivent les chercheurs. Ils concèdent toutefois l'existence de certaines limites à leurs travaux. Parmi elles, le fait qu'on ne sait pas pendant combien de temps les patients avaient pris des AINS, ni s'ils les prenaient sur le long terme pour des maladies chroniques ou occasionnellement pour des douleurs passagères.

Précautions demandées en 2020

Des craintes sur les AINS avaient émergé au début de la pandémie. Elles étaient nourries par le fait que cette famille de médicaments est par ailleurs suspectée d'aggraver des infections, notamment bactériennes. "La prise d'anti-inflammatoires (ibuprofène, cortisone...) pourrait être un facteur d'aggravation de l'infection" au Covid-19, avait twitté en mars 2020 le ministre français de la Santé, Olivier Véran, en conseillant de privilégier le paracétamol en cas de fièvre.

Dans la foulée, l'OMS avait recommandé aux personnes présentant des symptômes similaires à ceux du Covid de ne pas prendre de l'ibuprofène en automédication, sans prescription médicale. De son côté, l'Agence européenne des médicaments (EMA) avait souligné qu'"il n'y a actuellement aucune preuve scientifique établissant un lien entre l'ibuprofène et l'aggravation du Covid-19".

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