Covid-19 : "Il faut un plan largement expliqué par le gouvernement et clairement établi", critique le docteur Patrick Bouet

Le président du Conseil national de l’Ordre des médecins déplore le fait qu'à la rentrée "on a remis tout le monde en circulation comme si l'épidémie était derrière nous".

Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
Un patient malade du Covid-19 dans un hôpital de Lyon (Rhône), le 24 avril 2020. (MAXPPP)

"Aujourd'hui on court après le développement de l'épidémie, il faut un plan largement expliqué par le gouvernement et clairement établi", critique lundi 26 octobre sur franceinfo le docteur Patrick Bouet, président du Conseil national de l’Ordre des médecins, alors que l'épidémie continue de monter de façon inquiétante en France et que l'exécutif pourrait renforcer les restrictions à l'issue de plusieurs conseils de défense prévus mardi 27 et mercredi 28 octobre.

Patrick Bouet s'exaspère de voir aujourd'hui "des mesures qui se succèdent les unes derrière les autres, un petit peu comme si on cherchait désespérément à rattraper le flux de l'épidémie". A la lumière des restrictions successives annoncées depuis la rentrée de septembre, le docteur Bouet demande que l'Etat "éclaire l'ensemble de la population, prenne des décisions planifiées dans le temps, et qu'on cesse d'avoir le sentiment de courir après le développement de l'épidémie". Le médecin se montre critique et déplore également qu'il y ait "des mesures que l'on n'ait pas prises : à un moment de la rentrée, on a remis tout le monde en circulation comme si l'épidémie était derrière nous".

S'assurer de l'application d'une mesure avant de passer à la suivante

Patrick Bouet demande des "mesures très strictes et très protectrices pour éviter les rassemblements" dans deux types de lieux : "les lieux où l'on se contamine, et les lieux où circule le virus". Pour autant, le médecin souhaite que "chaque mesure qui est prise soit une mesure qui est accompagnée, rappelée, qui est mise en oeuvre et dont on s'assure qu'elle est mise en oeuvre". Patrick Bouet précise qu'"il ne faut pas passer d'une mesure à une autre parce qu'on a une évolution, alors qu'on ne s'était pas assuré que la mesure que l'on avait précédemment a été mise en oeuvre à 100%".

Enfin, à propos des tests antigéniques, qui doivent permettre d'accélérer la cadence des tests et de fournir des résultats plus rapidement, et qui devraient bientôt être disponibles, le docteur Patrick Bouet rappelle que "beaucoup de professionnels de santé demandent à ce que ce soit une utilisation sur des populations ciblées", car dit-il, "ce qui est important, c'est d'avoir des résultats rapides sur des quantités de personnes suffisamment importantes pour agir".

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.