Covid-19 à Dieppe : "Le ciel sanitaire nous tombe sur la tête", alerte le député Sébastien Jumel, après le cluster à l'hôpital

174 soignants de l'hôpital de Dieppe ont contracté le Covid-19 et 170 malades du Covid-19 sont soignés à l'hôpital.

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Radio France
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Le cluster à l'hôpital de Dieppe continue de progresser. En une semaine le nombre de soignants infectés a doublé. (GOOGLE STREET VIEW)

Le député PCF de Seine-Maritime Sébastien Jumel demande au Premier ministre "de faire un détour par Dieppe, d'abord pour montrer l'attention de l'État, pour mobiliser la réserve sanitaire et pour faire jouer la solidarité interrégionale en matière d'agents hospitalier", a-t-il déclaré ce vendredi sur franceinfo. Il rappelle que Jean Castex se trouve aujourd'hui dans le département, au Havre. 174 soignants de l'hôpital de Dieppe ont contracté le Covid-19 et 170 malades du Covid-19 sont soignés à l'hôpital, indique l'élu communiste qui réclame "une mobilisation exceptionnelle de l'État", car "le ciel sanitaire nous tombe sur la tête".

franceinfo : Savez-vous comment une telle propagation a eu lieu à Dieppe ?

Sébastien Jumel : Non. On a constaté une accélération de la propagation du virus, avec évidemment les agents hospitaliers qui sont en première ligne depuis le début de la crise sanitaire. 174 d'entre eux ont contracté le virus et 170 patients sont accueillis à l'hôpital. C'est la raison pour laquelle je demande trois choses simples. À l'heure où je parle, le Premier ministre est au Havre, à quelques kilomètres de Dieppe, je lui demande de faire un détour par Dieppe, pour d'abord montrer l'attention de l'État, pour mobiliser la réserve sanitaire et pour faire jouer la solidarité interrégionale en matière d'agents hospitaliers.

Considérez-vous que les personnels soignants de cet hôpital ont été très trop peu vaccinés ?

Ils ont été privilégiés pour la vaccination, tous ceux qui l'ont demandé l'ont été. Mais s'ils ont été contaminés, c'est que le virus circule très fort sur notre territoire. Peut-être que le variant anglais n'est pas loin. Nous ne le savons pas d'ailleurs, parce qu'il n'y a eu qu'un seul séquençage. Je demande d'ailleurs à l'Agence régionale de santé d'accélérer et de densifier le séquençage. Concernant la vaccination, tout est prêt à Dieppe, on a des équipes mobiles prêtes à se déplacer auprès des populations fragiles, nous avons cinq box pour faire 250 vaccins par jour. Sauf que nous manquons de doses, nous avons à Dieppe moins de doses cette semaine que nous en avions la semaine dernière. Les soignants ont pris des précautions comme partout ailleurs, ils contractent le virus car il est sur notre territoire. Je demande que dans un territoire comme le nôtre, on accélère la vaccination dans les résidences pour personnes âgées en autonomie, et pas seulement dans les Ehpad. Aujourd'hui, les prises de rendez-vous ce n'est pas avant le 23 mars. Ce n'est pas acceptable, pas à la hauteur des enjeux. J'attends que l'Etat démontre qu'il est capable d'incarner un Etat qui prend soin, un Etat qui protège, mais pas un Etat vertical et technocratique.

Vous demandez donc une mobilisation générale autour de l'hôpital de Dieppe ?

Depuis trop longtemps, l'hôpital est abîmé parce que les libéraux ont décidé de réduire les moyens hospitaliers. Nous demandons donc du renfort, de la solidarité interrégionale dans l'immédiat. Et puis, nous demandons dans la durée qu'on déprécarise les agents et qu'on renforce les effectifs de l'hôpital de Dieppe, qui est performant, qui est moderne, qui a montré sa capacité de mobilisation au service des patients. Mais là, le ciel sanitaire nous tombe sur la tête. Les chiffres sont très mauvais c'est la raison pour laquelle le Premier ministre Castex doit faire quelques kilomètres pour venir déclencher une réponse exorbitante de droit commun. À situation exceptionnelle, mobilisation exceptionnelle de l'Etat.

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