Voile : avec le coronavirus, l'édition 2020 du Vendée Globe navigue à vue

Pour les concurrents et les organisateurs de la mythique course autour du monde à la voile, en solitaire et sans escale, l'épidémie du Covid-19 complique encore une préparation souvent délicate. Officiellement, le départ reste fixé le 8 novembre.

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Radio France
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L'arrivée d'Armel Le Cléac'h, vainqueur de la dernière édition du Vendée Globe, le 19 janvier 2017. (LAURENT THEILLET / MAXPPP)

On a frôlé l'avis de tempête sur le Vendée Globe, il y a quelques jours. À la mi-avril, les organisateurs annonçaient un maintien de la course autour du monde à la voile, en solitaire et sans escale, à la date prévue. Rendez-vous dans le chenal des Sables-d'Olonne le 8 novembre 2020. Mais le lendemain, un important sponsor demandait le report de la course à 2021 à cause des conditions sanitaires et de l'épidémie de coronavirus. Depuis, c'est silence radio de part et d'autre. Plus personne ne veut s'exprimer.

>> Vendée Globe : le record d'Armel Le Cléac'h tiendra-t-il plus de quatre ans ?

Les skippers, de leur côté, sont 35 à vouloir prendre le départ. Ils sont confinés chez eux, bien sûr. Ils en profitent pour travailler la météo, suivre le chantier de leur bateau à distance et même, pour certains, se reposer. Malgré tout, la préparation n'est pas optimale, reconnaît Isabelle Joschke (MACSF), navigatrice qui part pour son premier tour du monde. "C'est sûr que moi, j'ai besoin de naviguer en course, j'ai besoin de naviguer en solitaire sur mon bateau, regrette-t-elle. C'est sûr, je ne sais pas si j'aurai le niveau sportif. Et encore, que je suis assez sereine. Je ne sais pas si toutes nos échéances vont être maintenues comme on le souhaite. Mais en fait, l'enjeu pour moi, c'est surtout de faire avec le fait de ne pas savoir."

Tous les skippers "à la même enseigne"

A un peu plus de six mois du départ de la course et alors que les incertitudes sont toujours aussi pesantes sur sa tenue, il reste beaucoup de questions, mais Antoine Mermod, le président de la classe Imoca qui représente les monocoques du Vendée Globe, se veut plutôt rassurant. "Ce n'est pas idéal, mais ça n'est pas critique, pondère-t-il. Et le rôle des skippers et des équipes, c'est de pouvoir s'adapter à tout. Ils sont tous à la même enseigne sur cette préparation un peu tronquée. On n'est pas inquiets sur la capacité de la flotte à surmonter, finalement, ces huit semaines où on a fonctionné au ralenti."

Le Vendée Globe, c'est le poumon économique de la voile, comme le sont les Jeux olympiques pour beaucoup de disciplines ou le Tour de France pour le cyclisme. Difficile de s'en passer. Surtout que cette course n'a lieu que tous les quatre ans. "La tenue du Vendée Globe, la réussite d'une édition, explique Antoine Mermod, c'est ce qui va donner envie aux sponsors de se lancer dans le cycle des quatre prochaines années. La qualité et la réussite d'un Vendée Globe, c'est quelque chose d'assez important pour le moyen terme de nos compétitions."

Les bateaux, pour l'instant au repos forcé dans les hangars, pourront être remis à l'eau à la mi-mai. Les entraînements pourraient débuter en juin. Pour ne pas trop partir dans l'inconnu, une course de préparation devait être organisée au début de l'été, mais l'interdiction de toute compétition sportive jusqu'en août laisse planer un gros doute sur ce projet.

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