Coronavirus : une cargaison de masques destinés à des mairies d'Ile-de-France braquée en Espagne

L'entreprise qui gère le transport assure que les villes recevront quoi qu'il en soit leur commande avant le 15 mai, comme elle s'y était engagée. Sans préciser comment elle va y parvenir.

Des masques achetés par la région Ile-de-France distribués gratuitement à Vincennes (Val-de-Marne), le 30 avril 2020.
Des masques achetés par la région Ile-de-France distribués gratuitement à Vincennes (Val-de-Marne), le 30 avril 2020. (PHILIPPE LOPEZ / AFP)

"C'est honteux et dramatique." Une cargaison de 200 000 masques en tissu, utilisés pour lutter contre la propagation du coronavirus et destinés à plusieurs communes d'Ile-de-France, a été volée à son transporteur, jeudi 7 mai, sur une aire d'autoroute en Espagne. "Le chauffeur s'est fait braquer sur une aire de repos, c'est encore très flou", a déclaré l'entreprise, Sissi et Cie, spécialisée dans l'import-export de textile.

En provenance du Portugal, sa livraison, d'une valeur de 400 000 euros, était destinée aux villes de Bobigny, Bondy, Montreuil (Seine-Saint-Denis), Nozay (Essonne), Saint-Germain-en-Laye (Yvelines), Chelles (Seine-et-Marne) et Us-en-Vexin (Val-d'Oise). Depuis le 30 avril, l'entreprise a livré plusieurs collectivités, mais sous escorte de la police ou de la gendarmerie.

"Conséquence simple et triste de l'inaction de l'Etat"

Le maire de Montreuil, Patrice Bessac (PCF), comptait distribuer ces masques lavables et réutilisables ce week-end dans les boîtes aux lettres. Il a dénoncé dans un communiqué "un acte criminel qui met en danger les habitant.e.s".

La maire PS de Bondy, Sylvine Thomassin, a, quant à elle, indiqué avoir demandé qu'"une enquête soit menée" et "interpellé le Préfet pour cela". "Cette situation est la conséquence simple et triste de l'inaction de l'Etat sur ce sujet. Car si la distribution de masques était centralisée et faite par l'Etat, je parle de masques gratuits et réutilisables pour tous les Français, nous n'en serions pas là", dénonce l'élue. "Imaginez-vous où nous en sommes aujourd'hui, obligés de solliciter des escortes policières pour sécuriser le transport de masques !", ajoute-t-elle.