Coronavirus : un premier cas d'infection naturelle d'un chat détecté en France

L’école vétérinaire d’Alfort, à l'origine de cette découverte, conseille aux personnes malades du Covid-19 de limiter les contacts étroits avec leur chat, de porter un masque en sa présence et de se laver les mains avant de le caresser, même si les risques de transmission de la maladie au chat semblent faibles.

Larry, le chat du 10 Downing Street, à Londres, le 26 avril 2020. 
Larry, le chat du 10 Downing Street, à Londres, le 26 avril 2020.  (DANIEL LEAL-OLIVAS / AFP)

Des animaux de compagnie avaient déjà été testés positifs au coronavirus aux Etats-Unis, en Belgique, à Hong Kong ou encore à Wuhan, en Chine, foyer de l'épidémie. Samedi 2 mai, l'école vétérinaire d'Alfort (EnvA) annonce dans un communiqué qu'un premier cas d'infection naturelle au nouveau coronavirus d'un chat a été détecté en France par l'unité mixte de recherche en virologie de l'EnvA, de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) et de l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (Inrae), en lien avec l'Institut Pasteur. 

Comme pour des cas précédemment identifiés dans le monde, le chat vivait avec une personne malade du Covid-19. Une étude précédente, menée sur les animaux des étudiants vétérinaires de l'EnvA, semble indiquer toutefois que les chats ne sont pas aisément infectés par le virus Sras-CoV-2, même quand ils sont en contact avec des propriétaires infectés. En l'état actuel des connaissances, l'EnvA conseille donc aux personnes malades du Covid-19 de limiter les contacts étroits avec leur chat, de porter un masque en sa présence et de se laver les mains avant de le caresser, même si les risques de transmission de la maladie au chat semblent faibles. 

A ce jour, seuls quatre chats naturellement infectés par le nouveau coronavirus ont été signalés dans le monde. L'étude française rapporte pour la première fois "l'infection naturelle d'un chat en France, près de Paris, probablement par ses propriétaires".

"Des signes cliniques respiratoires et digestifs"

L'étude a été menée sur une dizaine de chats en contact avec des propriétaires suspects d'avoir été infectés par le Covid-19, grâce à la participation des vétérinaires d'Ile-de-France. Pour chaque chat, des prélèvements rectaux d'une part, et dans le nez et le pharynx d'autre part, ont été effectués. Ils ont été soumis à un test qRT-PCR ciblant deux gènes du Sras-CoV-2. "Un chat a été testé positif par qRT-PCR sur prélèvement rectal, ce qui a été confirmé par le centre collaborateur de l'OIE [Organisation mondiale de la santé animale] à l'Institut Pasteur," indique l'EnVa dans son communiqué. "Les écouvillons nasopharyngés de cet animal ont été testés négatifs. Ce chat présentait des signes cliniques respiratoires et digestifs".

Les chats ne sont pas pour autant considérés comme étant des acteurs de l'épidémie. Le 20 avril, interrogée sur la transmission potentielle du Covid-19 par l'intermédiaire d'animaux domestiques, l'Anses a conclu dans un avis qu'à la lumière des connaissances scientifiques disponibles, il n'y avait "aucune preuve que les animaux de compagnie et d'élevage jouent un rôle épidémiologique dans la propagation du virus Sras-CoV-2".