Coronavirus : poursuivre les répétitions de théâtre malgré le confinement, le défi d'une troupe parisienne

Privés de répétitions dans leur salle parisienne habituelle, les comédiens amateurs ont trouvé la solution : une séance via une application qui permet de se connecter, depuis le domicile.

Article rédigé par
édité par Théo Hetsch - Sébastien Baer
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Même si la répétion est à distance, la plupart des comédiens amateurs de l'Atelier Saint-Charles sont présents. (SEBASTIEN BAER / RADIO FRANCE)

Même si la répétition est à distance, tous les comédiens amateurs de l'Atelier Saint-Charles ne sont pas présents pour cette séance de théâtre un peu particulière. Il manque Sarah, en voyage, bloquée aux Philippines. "Elle en est à sa quatrième semaine là-bas, elle ne peut pas rentrer", explique l'une de ses amies. Charlotte manque aussi à l'appel, confinée à la campagne, en zone blanche. "Elle ne capte pas du tout, elle est même privée d’internet", précise le professeur de théâtre. Pour autant, tous les autres sont là : Florence ("dans ma chambre", précise-t-elle), Sophie ("dans mon salon"), mais aussi aussi Zineb, Olivier, Arnaud… et Jean-François, le professeur ("dans ma cuisine", explique-t-il).

Dans ce contexte un peu particulier, les exercices et répétitions de théâtre mettent du temps à arriver. Le coronavirus est au coeur des discussions. En début de séance, le groupe prend des nouvelles de Florence, de retour du Sénégal : "Je n'avais pas de confinement, je faisais mes courses tranquillement, je sortais sans problème", raconte la jeune femme. Certains commencent aussi à trouver le temps long : "Comme tout le monde, je ne peux pas aller chez le coiffeur, donc je déteste ma coupe de cheveux", rigole Cécile, qui joue le rôle principal dans la pièce.

"On a encore perdu l'image de Florence, qui s'est figée"

Finalement, après plusieurs minutes de discussion autour du confinement, chacun parvient à entrer dans son rôle et à se concentrer sur le jeu. Les répliques fusent, le texte est bien appris (forcément, avec le confinement, les comédiens ont le temps de revoir leurs textes). Même si forcément, à distance, il y a quelques couacs : "On a encore perdu l'image de Florence, qui s'est figée", soupire Jean-François. Difficile d'aller au bout d'une scène dans ces conditions.

Avec la crise sanitaire, le professeur s’interroge sur le spectacle, prévu en juin prochain : "Je pourrai peut-être voir avec le théâtre pour décaler à la rentrée, au tout début de septembre. Il y a toujours une solution. Ne vous inquiétez pas, votre pièce, vous allez la jouer", assure Jean-François.

C'est un ersatz de théâtre, on fait ce qu'on peut. C'est un peu comme les sportifs, qui font du sport à l'intérieur, car ils ne peuvent pas courir 20km dehors

Arnaud, l'un des comédiens

à franceinfo

Au final, il aura été autant question, pendant la séance, du confinement que de la pièce de théâtre. Mais le bilan est jugé globalement positif : "Ça permet de créer du lien social, d'en recréer, donc c'est important", se félicite l'une des comédiennes. "Et puis c'est chouette quand même, c'est un élément un peu sympa au milieu d'une période qui ne l'est pas vraiment", rajoute l'un de ses partenaires sur les planches.

Pour le professeur, auteur et metteur en scène, reste à ajouter dans le texte une référence au coronavirus et à trouver une moustache pour Sophie, l’une des comédiennes... sitôt le confinement terminé.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.