L'invité éco, France info

Coronavirus : "Pas de pénurie" mais "des points de vigilance" pour certains médicaments, selon un syndicat de laboratoires pharmaceutiques

Les produits de réanimation et d'anesthésie, très demandés, sont en tension mais grâce à un système d'optimisation entre hôpitaux, il ne devrait pas y avoir de rupture de stock.

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !
\"Il y a une tension inouïe sur l\'ensemble de la chaîne de soins et aussi sur celle du médicament\", explique Frédéric Collet, président du syndicat pharmaceutique Les entreprises du médicament (LEEM).
"Il y a une tension inouïe sur l'ensemble de la chaîne de soins et aussi sur celle du médicament", explique Frédéric Collet, président du syndicat pharmaceutique Les entreprises du médicament (LEEM). (GERARD JULIEN / AFP)

Alors que l'épidémie de Covid-19 se poursuit, la question des stocks de médicaments dans les hôpitaux est de plus en plus préoccupante. Interrogé par franceinfo, Frédéric Collet, président du syndicat pharmaceutique Les entreprises du médicament (LEEM) ne constate "pas de pénurie", mais identifie "des points de vigilance".

>> Coronavirus : suivez en direct toutes les informations liées à la pandémie de Covid-19

franceinfo : Allez-vous pouvoir fournir aux hôpitaux tous les médicaments dont ils ont besoin ?

Frédéric Collet : Il y a une tension inouïe sur l'ensemble de la chaîne de soins et aussi sur celle du médicament. Les entreprises du médicament sont mobilisées de façon inédite, et à plein régime pour justement assurer l'ensemble de leur métier, en particulier chercher des solutions, produire tous les traitements, les livrer et en assurer le bon usage.

Est-ce qu'il y a aujourd'hui un risque de pénurie sur ces médicaments essentiels? Pour le Covid-19 comme pour d'autres maladies ?

Cette crise est inédite parce qu'elle crée des tensions là où habituellement, nous n'en avons pas. Elle crée typiquement une tension qui est liée aux détresses respiratoires, donc aux produits de réanimation et aux produits d'anesthésie. Et sur ces produits-là, nous n'avons pas de pénurie aujourd'hui, mais nous avons des points de vigilance et des points d'attention sur lesquels nous travaillons avec les autorités de santé, et en premier l'Agence nationale de sécurité du médicament.

S'il n'y a pas de pénurie aujourd'hui, y a-t-il un risque demain ?

Nous suivons cela laboratoire par laboratoire et ligne de médicament par ligne de médicament à chaque instant avec l'Agence du médicament pour justement avoir de la visibilité. Maintenant, nous avons un certain nombre d'actions qui sont en cours qui nous permettent justement d'optimiser cette chaîne du médicament. Le premier c'est la rationalisation de la commande publique. C'est le Premier ministre qui a annoncé un plan national d'approvisionnement qui permet de rationaliser. Pour faire simple, l'objectif est de s'assurer que des hôpitaux ne constituent pas des stocks, ce qui viendrait pénaliser d'autres hôpitaux. Donc, optimiser l'allocation des stocks entre les centres de soins. Le deuxième objectif, c'est le bon usage des produits concernés. Et là, on a vu, par exemple, que certaines sociétés savantes, notamment les services d'anesthésie réanimation ou bien les services de santé des armées, ont fait des recommandations de bon usage des traitements de réanimation pour préserver l'équité et les usages de tous ces traitements.

\"Il y a une tension inouïe sur l\'ensemble de la chaîne de soins et aussi sur celle du médicament\", explique Frédéric Collet, président du syndicat pharmaceutique Les entreprises du médicament (LEEM).
"Il y a une tension inouïe sur l'ensemble de la chaîne de soins et aussi sur celle du médicament", explique Frédéric Collet, président du syndicat pharmaceutique Les entreprises du médicament (LEEM). (GERARD JULIEN / AFP)