Coronavirus : on vous explique le stade 3 du plan de prévention

Alors que le stade 2 a été déclenché le vendredi 28 février, le stade 3 pourrait être activé dans les prochains jours. La cellule du Vrai du Faux vous explique ce que cela changerait.

Des touristes portent un masque de protection pour se prémunir du nouveau coronavirus Covid-19, le 28 février 2020 à la Pyramide du Louvre, à Paris.
Des touristes portent un masque de protection pour se prémunir du nouveau coronavirus Covid-19, le 28 février 2020 à la Pyramide du Louvre, à Paris. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

Après le déclenchement du stade 2 du plan de prévention contre le coronavirus le 28 février, pourra-t-on échapper au stade 3 ? “Cela me semble peu probable malheureusement”, a répondu ce mercredi 4 mars Sibeth Ndiaye, la porte-parole du gouvernement. Quelques jours plus tôt, le Premier ministre affirmait déjà que son déclenchement, à la suite de l’épidémie, était “probable”.

La cellule Vrai du Faux de franceinfo vous détaille ce que cela signifierait.

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Un stade 3, à quel moment et pour quoi faire ?

Pour que le seuil 3 soit déclenché, il faut que le virus circule activement et largement dans le territoire et que le nombre de contaminations augmente rapidement. C’est-à-dire, que nous soyons rentrés dans une phase épidémique. L’objectif n’est alors plus de freiner la propagation du virus sur le territoire comme en phase 2, ni de ralentir son entrée sur le territoire comme en phase 1. Avec cette phase 3, la dernière prévue par le ministère de la Santé, le but est d’atténuer les effets de l’épidémie.

Qu'est-ce que ça change au niveau de la mobilisation ?

La stratégie sanitaire est différente et passe "d’une logique de détection et de prise en charge individuelle à une logique d’action collective”, précise le document de préparation au risque épidémique du Covid-19, diffusé par le ministère de la Santé aux établissements de santé et médecins libéraux.

L’objectif est alors de mobiliser au maximum le système de santé. En plus des établissements de santé, les professionnels de santé libéraux, les services de soins à domicile et potentiellement les services d’aide à domicile sont mis à contribution. Concernant les établissements médico-sociaux, ils se voient renforcés “pour assurer la prise en charge de ces personnes fragiles”.

Et dans le quotidien des Français ?

En cas de déclenchement de la phase 3, “des décisions plus lourdes pour le quotidien peuvent être prises”, avertissait le Premier ministre le 28 février. Dans ce cas, “on ne vas pas arrêter la vie de la France”, a tempéré ce mercredi Sibeth Ndiaye sur France Inter, précisant qu’il y aurait moins de mesures drastiques. Qu’en est-il vraiment ? Le document du ministère de la santé ne précise pas les restrictions mises en place en cas de phase 3. Mais, comme l’a précisé Matignon, les stades concernant le Covid-19 étant identiques à ceux liés à la grippe, il faut alors se fier au plan de pandémie grippale, réalisé par le gouvernement en 2011 après la pandémie de grippe A (H1N1) de 2009.

Plusieurs mesures peuvent être mises en place. Cela peut aller de la restriction des visites dans les établissements d’hébergements collectifs à la suspension de certains transports en commun ou à la restriction des grands rassemblements. “Une fermeture des écoles peut participer à l’atténuation de l’impact d’une pandémie”, précise également le plan. Une fermeture des crèches est également possible. Du télétravail peut également être mis en place tout comme une surveillance des prix et de la disponibilité des produits dans les lieux de distribution.

Au final, qui décide des mesures à prendre en stade 3 ?

Mais ces décisions n’ont rien d’automatique. Le document de plan grippal se présente uniquement comme une “aide à la préparation et à la décision”. Les mesures dépendent donc du gouvernement. “Nous nous préparons à toute éventualité dans les transports”, annonçait par exemple Jean-Baptiste Djebbari sur Europe 1, expliquant que “des restrictions de transports pourraient être envisagées”.

De son côté, le secrétaire d'État auprès du ministre de l'Éducation nationale et de la jeunesse, Gabriel Attal, avait indiqué jeudi 27 février sur franceinfo qu’un système de cours à domicile était prêt pour les élèves “dans le cas où en France il faudrait fermer des établissements”. Interrogé sur une possible fermeture totale de toutes les écoles, "s'il devait y avoir l'épidémie générale, on serait dans une phase 3 dans laquelle la doctrine ne serait pas de tout fermer”, a répondu Jean-Michel Blanquer sur LCI, mardi 3 mars.

Alors que le stade 3 doit durer entre 8 et 12 semaines comme le précise le plan de pandémie grippale, le stade 4 constate le retour à la situation antérieure, avant épidémie.