Coronavirus : "On attendait des choses pratiques qui nous aident et on a été déçus" par les annonces d'Olivier Véran, déplore le Syndicat des jeunes biologistes

"Nous ne pouvons pas prioriser sur la base de symptômes puisque c'est subjectif, et nos secrétaires sont déjà au bout du rouleau", a déploré sur franceinfo Lionel Barrand, président du Syndicat national des Jeunes Biologistes Médicaux.

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Une file d'attente devant un laboratoire parisien pour des tests PCR, le 4 septembre 2020. (CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP)

Lionel Barrand, président du Syndicat national des Jeunes Biologistes Médicaux s'est dit jeudi 17 septembre sur franceinfo "déçu" par les annonces du ministre de la Santé alors que les centres de dépistage du Covid-19 sont saturés. Olivier Véran a rappelé l'importance de prioriser les tests. Il a également annoncé que pour l'Île-de-France, 20 centres de prélèvement pour les publics prioritaires vont être déployés à Paris, à Trappes, à Bondy, à Évry à compter de lundi prochain.

franceinfo : êtes-vous satisfait des annonces du ministre de la Santé ?

Lionel Barrand : On ne comprend pas trop. Prioriser, c'est quelque chose qu'on essaye de faire depuis déjà longtemps. Ce n’est pas nouveau, cette doctrine. En revanche, nous ne pouvons pas prioriser sur la base de symptômes puisque c'est subjectif, et nos secrétaires sont déjà au bout du rouleau. Depuis mars, on a de nombreux burn-out. Quelqu'un qui vient avec un nez qui coule, ce n'est pas un symptôme. On ne va pas lui dire au bout de deux heures que vous allez dans l'autre file. On ne va pas demander aux secrétaires de prendre la température avec un thermomètre ou de faire la police. Donc, cette priorisation basée sur des critères subjectifs, ça ne peut pas fonctionner. Et d'ailleurs, ça ne marche pas. On attendait effectivement plus. On attendait des choses pratiques qui nous aident et on a été déçu.

Vous attendez un retour des tests sur ordonnance ?

On peut continuer à faire des tests sans ordonnance, mais on pourrait prioriser sur ordonnance parce que là, c'est beaucoup plus facile pour notre personnel qui est à bout d'avoir une file avec une ordonnance et une file sans ordonnance. S'il y a une ordonnance, cela veut dire que le médecin a vu le patient et que le symptôme est un symptôme compatible avec le Covid-19.

Le ministre de la Santé a dit qu'il comptait sur les médecins généralistes. Cela va dans le bon sens ?

En termes de communication, c'est bien d'avoir rappelé ça. C'est également bien d'avoir rappelé que la population ne doit pas toujours se faire dépister pour tout et n'importe quoi parce que souvent les Français ne savent pas quand ne pas se faire dépister. Donc, c'est bien d'en parler. Par contre, ça ne règle pas le problème qu'on a pour faire plus de tests. C'est-à-dire il nous manque des machines, il manque du réactif et on a du personnel qui est sur les rotules. Il faut trouver d'autres solutions. Des tests antigéniques pour nous soulager, par exemple, augmenter et diversifier le nombre de nos fournisseurs de réactif, puisqu'il en manque. Monsieur Véran dit qu'il n'en manque pas. C'est faux. Je ne sais pas d'où il tient cette information. J'y suis confronté moi-même également et tous mes collègues. Il nous manque des réactifs. Il dit qu'il y en a deux fois plus que ce qui est prévu. C'est faux.

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