Coronavirus : les ARS n'ont "pas la bonne méthode", on "a probablement pris du retard dans la gestion de la crise", explique Jean Rottner

Le président de la région Grand Est, invité du "8h30 franceinfo", estime que les Agences régionales de santé se concentrent sur les questions "purement budgétaires" et que "devenir une agence de gestion de crise, c'est profondément différent"

Le président de la région Grand Est, Jean Rottner, au Salon international de l\'agriculture, le 24 fèvrier 2020.
Le président de la région Grand Est, Jean Rottner, au Salon international de l'agriculture, le 24 fèvrier 2020. (CEDRIC JACQUOT / MAXPPP)

Le président de la région Grand Est Jean Rottner estime, vendredi 10 avril sur franceinfo, que les Agences régionales de santé (ARS) n'ont "pas la bonne méthode" et qu'on "a probablement pris du retard aussi dans la gestion de crise parce que nous avions affaire plutôt à des acteurs budgétaires plutôt qu'à des logisticiens de crise". Le Grand Est est l'une des régions les plus touchées par l'épidémie de coronavirus. L'évolution de la santé "nécessite de vraies mutations", selon le médecin urgentiste de métier.

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"Quand on est une agence purement budgétaire, devenir une agence de gestion de crise, c'est profondément différent, explique le président de la région Grand Est. C'est des métiers profondément différents. Et on a probablement pris du retard aussi dans la gestion de crise parce que nous avions affaire plutôt à des acteurs budgétaires plutôt qu'à des logisticiens de crise", critique le président de la région Grand Est.

"Une vision budgétaire"

Alors que le président de la République a promis un plan massif pour l'hôpital, Jean Rottner estime que les ARS n'ont "pas la bonne méthode". Pour lui, "une Agence régionale de santé, c'est avant tout devenu une agence de gestion quotidienne budgétaire de la politique sanitaire à l'échelle d'un territoire". "C'est cela, c'est rien d'autre, insiste Jean Rottner. Faut-il fermer une maternité ou non ? Si on prend la décision, on la ferme, et on essaie de trouver des solutions après, en venant s'appuyer sur les élus locaux, sur la population ou sur la médecine libérale".
 
Mais "ce n'est plus comme ça qu'il faut travailler aujourd'hui", selon le médecin urgentiste de métier. "Il faut travailler de manière différente. On ne peut plus être simplement dans une vision budgétaire, poursuit Jean Rottner. La médecine évolue, la pratique, les vocations ont profondément changé, la e-santé fait son apparition, tout cela nécessite de vraies mutations. Et de temps en temps, il y a des crises".