Coronavirus : "Les 5% de patients qui vont en réanimation vont avoir des séquelles pulmonaires", prévient un pneumo-cancérologue

David Mispelaere, pneumo-cancérologue, estime que les patients atteint du Covid-19 actuellement en réanimation auront "sur le long terme besoin d'oxygène ou de ventilation".

Des personnels hospitaliers face à un malade du Covid-19, en réanimation, à l\'hôpital privé de Saint-Étienne (Loire), le 2 avril 2020. 
Des personnels hospitaliers face à un malade du Covid-19, en réanimation, à l'hôpital privé de Saint-Étienne (Loire), le 2 avril 2020.  (REMY PERRIN / MAXPPP)

⟨Jeudi 2 avril, 6 399 malades du Covid-19 se trouvaient en réanimation dans les hôpitaux français. Les patients développant des formes graves du coronavirus Covid-19 "vont avoir des séquelles", décrit sur franceinfo David Mispelaere, pneumo-cancérologue à l'hôpital privé de Cesson-Sévigné (Ille-et-Vilaine), ce vendredi 3 avril. Elles seront d'ordre pulmonaire et musculaire, explique le médecin. La majorité des patients atteints par le coronavirus Covid-19, ayant développé des formes "bénignes" de la maladie "n'auront pas de conséquences à long terme", malgré des "problèmes d'appétit prolongés", et des besoins en oxygène.

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"Le problème principal, c'est effectivement les 5% de patients qui vont en réanimation parce que ces patients là vont avoir des séquelles pulmonaires de l'infection au coronavirus, mais aussi des séquelles de la réanimation. On peut avoir de la fibrose pulmonaire qui va s'installer, c'est-à-dire une réaction inflammatoire du poumon qui est trop importante, pour laquelle on va donner des traitements. Mais on peut avoir du coup un manque d'oxygénation du sang à cause de cette fibrose pulmonaire", décrit David Mispelaere. Donc, "sur le long terme", ce seront "des patients qui auront besoin d'oxygène ou de ventilation à terme".

Des patients hospitalisés ou en rééducation 

Les patients qui restent longtemps en réanimation vont donc développer des séquelles. "Le fait d'être intubé, ventilé, sédaté [avoir reçu un calmant ou un antidouleur], provoque un hyper-métabolisme du corps, qui fait donc qu'on consomme trop de calories", précise-t-il. "Donc les muscles fondent (…). On peut avoir aussi des complications de retour à la marche puisque les muscles des jambes ont également fondu. Ça peut être compliqué. Il y a aussi toutes les autres complications de la réanimation, les problèmes d'insuffisance rénale qui peuvent se mettent en place, des problèmes de thrombose vasculaire. Et puis, tous les patients ont déjà des pathologies cardiovasculaires qui peuvent se compliquer par le manque d'oxygène", liste le pneumo-cancérologue.
 
La prise en charge de ces patients est "complexe", selon lui. "Ce sont des patients qui ont été très graves", ajoute-t-il, "de toute façon, la plupart sont hospitalisés ou dans les centres de rééducation derrière. Le retour à la maison immédiatement après la réanimation, c'est relativement exceptionnel."