Coronavirus : le coût des nouvelles règles sanitaires se situe "entre 10 et 20%" pour les entreprises, "plutôt des problèmes de productivité", selon le Medef

La question de savoir qui doit payer ce surcoût dépend, selon le président du Medef, de combien de temps dureront les contraintes liées à la crise du coronavirus.

Geoffroy Roux de Bézieux, le président du Medef, invité vendredi 28 février sur France Inter.
Geoffroy Roux de Bézieux, le président du Medef, invité vendredi 28 février sur France Inter. (FRANCEINTER / RADIO FRANCE)

Le coût des nouvelles règles sanitaires liées à l'épidémie de coronavirus se situe entre 10 et 20% pour les entreprises, indique lundi 18 mai sur France Inter le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux. C'est "une fourchette très large", explique-t-il, car le calcul ne peut se faire que "secteur par secteur et même sous-secteur par sous-secteur". Même si on évoque souvent le "coût des masques ou du gel", il s'agit "souvent plutôt de problèmes de productivité", précise Geoffroy Roux de Bézieux, qui cite un exemple dans l'automobile : "Quand vous nettoyez une chaîne automobile toutes les sept ou huit heures, pendant ce temps-là, vous ne produisez pas, mais vous payez quand même les salaires."

"Si cela dure quelques mois, les entreprises l'intégreront"

La question de savoir qui doit payer ce surcoût "dépend de combien de temps ça dure", pour le président du Medef. "Si cela dure quelques mois, les entreprises l'intégreront", "si c'est structurel", "forcément c'est la chaîne de valeur qui va le payer, et ça veut dire, au bout d'un moment, un peu d'inflation", explique Geoffroy Roux de Bézieux, qui ajoute qu'"on va faire une année 2020, pour beaucoup d'entreprises, dans le rouge". Il ne remet "pas en cause ces coûts parce qu'ils sont nécessaires pour la santé et la sécurité des clients", et souligne que "c'est la première fois que des États décident, pour de bonnes raisons, de ralentir l'économie".

Revaloriser les salaires de ceux qui ont été "en première ligne"

Il faudrait pouvoir revaloriser les salaires de ceux qui ont été en première ligne pendant la crise sanitaire, comme les caissières ou les agents de nettoyage, estime par ailleurs le patron du Medef. "Le problème, c'est que ces métiers sont payés souvent proche du Smic ou un tout petit peu au-dessus, parce que les prestations qu'ils effectuent sont facturées pas cher", explique-t-il. "Tant qu'il n'y a pas de revalorisation des prestations, ça sera assez difficile", déclare Geoffroy Roux de Bézieux, "c'est toute la difficulté qu'on appelle la logique low cost". Revaloriser les salaires, "c'est facile à dire sur un plateau télé, quand on fait de la politique. C'est beaucoup plus compliqué à faire dans la réalité d'entreprises qui en plus vont certainement tomber dans le rouge dans les mois qui viennent", souligne le président du Medef.