Coronavirus : le chef de service du Samu de Paris appelle au civisme et au "respect des mesures barrières"

"Notre objectif c'est d'éviter que des patients, qui ne savent pas où aller, aillent aux urgences, parce que ce n'est pas le bon endroit pour être dépisté", a insisté Pierre Carli vendredi 28 février.  

Porte d\'entrée d\'un espace dédié aux consultations liées au Coronavirus au CHU de Rouen, le 25 février 2020. 
Porte d'entrée d'un espace dédié aux consultations liées au Coronavirus au CHU de Rouen, le 25 février 2020.  (MACIPSA AÏT / FRANCE BLEU / RADIO FRANCE)

En se rendant aux urgences quand on présente des symptômes coronavirus Covid-19"il y a un risque d'être mélangé à des patients qui ont d'autres pathologies et qui sont particulièrement fragiles", a rappelé vendredi 28 février sur franceinfo Pierre Carli, chef de service du Samu de Paris à propos de l'épidémie, qui a déjà contaminé en France 38 personnes, selon le dernier bilan du ministère de la Santé.

"C'est un élément très important pour éviter ou diminuer la circulation du virus sur notre territoire", a-t-il poursuivi. Pierre Carli a appelé, par ailleurs, au respect des consignes de précaution : "C'est un travail civique, il faut tous qu’on respecte ces mesures barrières."

>> Suivez l'évolution de l'épidémie de coronavirus dans notre direct

franceinfo : la France est-elle prête à faire face à cette épidémie qui touche continuellement de nouvelles personnes ?

La France s’est préparée et, depuis quelques jours, cette préparation s’est considérablement intensifiée. Au Samu, notre objectif dans cette prise en charge c'est d'éviter que des patients, qui ne savent pas où aller, aillent aux urgences, parce que ce n'est pas le bon endroit pour être dépisté et parce qu'il y a un risque d'être mélangé à des patients qui ont d'autres pathologies, qui sont particulièrement fragiles. C'est ce qui s'est passé dans d'autres pays et c'est ce que nous sommes en train d'essayer d'éviter. C'est la stratégie de retardement qui a été mise en place : appeler le 15, être orienté vers les bons parcours de soin qui, lorsque les patients présentent des signes, permettent une détection et une mise en relation avec un médecin. C'est très important pour éviter ou diminuer la circulation du virus sur notre territoire. C'est un travail civique, il faut tous qu’on respecte ces mesures barrières.

Y-a-t-il une augmentation considérable du nombre d'appels au Samu ?

Depuis dimanche [23 février 2020], depuis que l’Italie est devenue une zone en partie rouge et orange, cela a en effet entraîné une augmentation de plus de 30% des appels. Cela fait 500 à 600 patients au téléphone que nous orientons, chaque jour, dans le système. La majorité de ces patients vont, d'ailleurs, rapidement être exclus, ils n'auront pas besoin de se rendre à l'hôpital car ils ne présentent pas les signes d'une possible contamination. Il y en a un certain nombre que nous mettons dans le circuit. Ce sont des cas potentiels après interrogatoire. Ceux-là vont avoir un prélèvement dans les hôpitaux de l'Assistance publique. C’est une chaîne entière que nous déployons depuis la réception de l'appel jusqu'à l'orientation des patients.

Quels sont les signes qui vous alertent ?

C'est par exemple le fait de revenir d’une zone où le virus est en circulation, comme l'Italie du Nord. Les signes ce sont des signes essentiellement respiratoires et de la température. Une température pas forcément très importante et de la toux. Si vous appelez le 15, à Paris ou dans beaucoup de villes de France, il y a une prise en charge spécialisée [pour le coronavirus], une orientation de l’appel qui sera distincte du traitement des autres urgences que nous traitons tous les jours.