Coronavirus : la Commission européenne propose un plan de 750 milliards d'euros pour relancer l'économie

Dans le cadre de ce plan qui, s'il est accepté, serait le plus gros plan de relance jamais mis en place par l'UE, l'Italie devrait récupérer 172,754 milliards d'euros, l'Espagne 140,446 milliards d'euros et la France 38,772 milliards d'euros.

Le bâtiment de la Commission européenne, à Bruxelles, le 17 mai 2020. 
Le bâtiment de la Commission européenne, à Bruxelles, le 17 mai 2020.  (DURSUN AYDEMIR / ANADOLU AGENCY / AFP)

Voilà qui est très attendu par les Etats éprouvés par la crise économique qui fait suite à la crise sanitaire du coronavirus. Mercredi 27 mai, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, dévoile un plan d'aide exceptionnelle, doté d'un fonds de relance de 750 milliards d'euros pour soutenir l'économie européenne. Si elle est acceptée, cette proposition serait le plus gros plan de relance jamais lancé par l'UE.

L'Italie et l'Espagne, deux pays particulièrement touchés par la pandémie, seraient les principaux bénéficiaires de ce plan de relance, ont indiqué des sources européennes à l'AFP.

Sur un total de près de 750 milliards d'euros de subventions et prêts combinés, l'Italie devrait récupérer 172,754 milliards d'euros et l'Espagne, 140,446 milliards d'euros. La France toucherait 38,772 milliards d'euros. 

Des emprunts sans précédent au nom de l'UE 

Le plan de relance repose sur un projet révisé du budget à long terme de l'UE, auquel est adossé un nouveau fonds de relance qui serait alimenté par des emprunts à grande échelle de la Commission au nom de l'UE, d'une ampleur sans précédent. Sur les 750 milliards d'euros annoncés par le commissaire européen à l'Economie, l'Italien Paolo Gentiloni, 500 milliards seraient redistribués sous forme de subventions et le reste en prêts aux Etats membres, selon des sources européennes concordantes.

La semaine passée, l'Allemagne avait surpris en annoncant, avec la France, un changement radical de doctrine, avec la proposition commune de création d'un mécanisme de mutualisation de la dette européenne, une option à laquelle Berlin était jusqu'à présent hostile. Toutefois, obtenir l'unanimité des Etats membres, requise sur le budget, sera un exercice difficile.

Déjà avant la pandémie, les 27 avaient échoué en février à se mettre d'accord sur un budget de l'ordre de 1 000 milliards d'euros pour la période 2021-2027. La tempête économique n'a pas resserré les rangs entre pays du Nord et pays du Sud, les plus éprouvés par la crise sanitaire. Les différents camps se sont regroupés autour d'une nouvelle ligne de fracture : ceux, plus rigoristes (Pays-Bas, Autriche, Danemark et Suède), qui veulent un soutien uniquement via des prêts, qui devront donc être remboursés, et ceux qui ne veulent que des subventions.

Le projet d'Ursula von der Leyen sera un panachage entre les deux options, et en cela "ne sera pas un copier-coller" de la proposition franco-allemande avancée la semaine passée par Angela Merkel et Emmanuel Macron, a assuré à l'AFP une source européenne.