Coronavirus : l'épidémie est "contrôlée" en France, affirme le président du Conseil scientifique

Le virus "continue à circuler" mais "à petite vitesse", précise le professeur Jean-François Delfraissy ce vendredi 05 juin.

Jean-François Delfraissy le 5 mars 2020.
Jean-François Delfraissy le 5 mars 2020. (LUDOVIC MARIN / AFP)

"On peut dire qu’actuellement, raisonnablement, l’épidémie est contrôlée", a affirmé Jean-François Delfraissy, le président du Conseil scientifique, vendredi 5 juin sur France Inter, à propos du coronavirus Il souligne un ralentissement de la circulation du virus et la disponibilité des moyens de gestion de sa propagation.

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Alors que la deuxième phase du déconfinement a débuté mardi, le professeur Jean-François Delfraissy reste cependant prudent. "Le virus continue à circuler, contrairement à ce que j’entends parfois. Il continue à circuler en particulier dans certaines régions, plus évidemment en région parisienne que dans le sud-ouest de la France, mais il circule à une petite vitesse."

Là où on avait à peu près plusieurs dizaines de milliers de cas, autour de 80 000 nouveaux cas par jour début mars, on estime qu’on est maintenant autour de 1 000 cas à peu près. Cela montre bien qu’il y a une réduction importante.Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifiqueà France Inter

Dans un nouvel avis mis en ligne jeudi, le Conseil scientifique, chargé de guider les pouvoirs publics dans la gestion de la crise liée au Covid-19, recommande de se préparer à "quatre scénarios probables" pour les mois à venir, allant d'une "épidémie sous contrôle" à une "dégradation critique".

"On le dit très clairement, nous pensons que c'est le scénario numéro 1, c'est-à-dire un contrôle de l'épidémie, qui est le plus probable, explique le professeur Jean-François Delfraissy. C'est lié à la fois aux conséquences du confinement et au fait que ce virus est peut-être sensible à une certaine forme de température." Malgré ce "scénario optimiste", il convient de maintenir "un certain nombre de mesures". "On ne va pas passer du noir au blanc, mais on ouvre et on va continuer d'ouvrir à partir du 22 juin, laisser un certain nombre de possibilités, et c'est bien. Il faut que la vie reprenne."

En cas de reprise de l'épidémie, retour des mesures "strictes", surtout dans les grandes villes

Si "après quelques semaines ou quelques mois", l'épidémie de Covid-19 reprend avec "des malades qui arrivent de nouveau en réanimation", "une série de mesures un peu strictes pourraient être prises", "tout en conservant une forme de reprise de la vie", particulièrement dans "les grandes villes" et surtout "en région parisienne", "la majorité des décès et des formes graves est survenue", a précisé le président du Conseil scientifique.  Dans ce scénario, l'idée n'est "peut-être pas" de mettre la région parisienne "sous cloche", mais "en tout cas qu'on revienne à plus de télétravail, qu'on revienne à des conditions plus strictes dans les transports, qu’on revienne à une série d’isolements, avec leur accord bien sûr, des personnes les plus à risque", a expliqué Jean-François Delfraissy.