Coronavirus : ce que l'on sait sur la façon dont la maladie touche les enfants

Alors que le nouveau coronavirus s'étend à travers le monde et en France, franceinfo fait le point sur les informations connues au sujet de l'exposition des enfants à ce virus.

Une classe de primaire à Nantes. Illustration.
Une classe de primaire à Nantes. Illustration. (FRANK PERRY / AFP)

Une centaine d'écoles, collèges et lycées désormais fermés, notamment dans l'Oise, ou le Morbihan, des voyages scolaires annulés, des enfants désormais touchés par le nouveau coronavirus... Cette nouvelle donne concernant le Covid-19 en France attise les inquiétudes ou suscite des questions des parents. Tour d'horizon de ce que l'on sait, à ce stade, de la façon dont la maladie touche les enfants et des mesures préventives les concernant.

Très peu de cas détectés chez les enfants

Depuis le début de l'épidémie mondiale de nouveau coronavirus, aucun cas grave n'a été observé chez les enfants. 

Selon une étude des autorités chinoises publiée le 24 février par la revue médicale américaine Jama et portant sur 44 672 cas confirmés, 416 cas seulement étaient des enfants de moins de 10 ans, soit 0,9% des cas. Aucun décès n'était à déplorer parmi les enfants de moins de dix ans. Les adolescents (10-19 ans) représentaient également 1% des cas. 

La revue scientifique médicale britannique "The Lancet" a de son côté compilé et croisé des informations épidémiologiques sur le Covid-19 obtenues via les médias et les agences de santé chinoises régionales et nationales. Elle a notamment croisé les données disponibles concernant 507 patients atteints entre le 13 janvier et le 31 janvier (364 en Chine continentale et 143 en dehors de Chine). Il en ressort là aussi que très peu de patients touchés avaient moins de 15 ans (3%).

Des symptômes moins virulents

Les données rapportées à ce stade en Chine, comme dans d'autres pays du monde, laissent penser que les enfants sont non seulement moins souvent touchés par le nouveau coronavirus que les adultes, mais aussi touchés de manière moins virulente. Les cas rapportés sont ceux d'enfants ayant des symptômes légers, pouvant même passer inaperçus. 

Des experts ont avancé plusieurs hypothèses pour expliquer cette incidence moindre chez les enfants : le fait qu'ils ont un système immunitaire assez bien préparé pour combattre ce type de virus, le fait qu'ils pourraient bénéficier d'une forme de protection croisée en ayant été exposés à d'autres types de coronavirus saisonniers. Des raisons liées à la spécificité de leurs systèmes respiratoires sont également envisagées. 

Le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, précise à ce sujet : "Les pédiatres infectiologues nous disent que les enfants font d'une part des infections à coronavirus très souvent bénignes et ont souvent une habitude qu'on perd plus tard à l'âge adulte". Il y a d'autre part, ajoute t-il, une "possibilité d'immaturité du système respiratoire de l'enfant" induisant le fait que "le virus ne s'accroche pas" à la muqueuse respiratoire, "avec un virus qui a du mal à donner des signes cliniques sévères chez l'enfant".   

Une prévention similaire à celle de l'adulte

Les symptômes des enfants ayant tendance à être légers -éventuellement comparables à ceux d'un banal rhume-, il existe un risque que des enfants n'apparaissant pas comme malades transmettent le virus à des personnes vulnérables -personnes âgées, personnes immunodéprimées (dont les défenses immunitaires sont affaiblies). 

"Il faut éviter les contacts entre ces personnes fragiles, ces personnes âgées et les enfants", recommande le directeur de la Santé, "surtout en établissements de santé, établissements médico-sociaux et en maisons de retraite puisqu'on sait que les enfants certes ne font pas de formes graves, mais peuvent être vecteurs de virus." 

Au-delà de ces recommandations, les précautions concernant les enfants sont identiques à celles concernant les adultes, souligne l'épidémiologiste et chercheur en santé publique Yves Charpak, à savoir "moins d'interactions sociales, puisqu'on sait que c'est dans les endroits où [les enfants] sont tous ensemble" qu'il y a plus de risques de contracter un virus respiratoire. 

L'UNICEF rappelle de son côté les quatre précautions que les familles peuvent prendre pour limiter les risques d'infection :

  1. Se laver fréquemment les mains avec de l’eau et du savon ou avec un désinfectant pour les mains à base d’alcool.
  2. Se couvrir la bouche et le nez avec le pli du coude ou un mouchoir lorsqu'on tousse ou éternue.
  3. Éviter tout contact rapproché avec des personnes présentant des symptômes comparables à ceux d’un rhume ou de la grippe.
  4. Consulter un médecin en cas de fièvre, de toux ou de difficultés à respirer.