"On a des demandes des villages environnants" : les vacances locales se développent avec les restrictions liées au Covid-19

Avec l'arrivée des beaux jours et les restrictions de déplacement en raison du confinement, les Français se tournent vers un tourisme local. Les lieux qui proposent des chambres insolites sont très demandés. Reportage dans l'Oise.

Article rédigé par
Anne-Lyvia Tollinchi - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Illustration d'une tente dans un camping. (FLAVIEN GROYER / FRANCE-BLEU PÉRIGORD)

"On est complet pour ces cabanes". Derrière le comptoir en bois de la réception de ce camping au Bois de Rosoy dans l'Oise, le téléphone n'arrête pas de sonner. Particularité de cette année, l'établissement attire particulièrement les locaux. Certains Français ont décidé de faire leurs valises malgré le confinement mis en place pour limiter la propagation du Covid-19, mais les vacances se déroulent dans un périmètre restreint en essayant de respecter la limite autorisée des 10 km.

À l'extérieur du camping, Céline sort tout juste de sa cabane en forme de nid de Marsupilami. Même si elle n'habite qu'à 15 km, venir ici, c'était déjà changer d’air. "Il y a eu beaucoup de gardes d'enfants, en plus en télétravail. Donc, même si évidemment, on adore nos enfants, on les aime énormément, c’est bien de décompresser", explique-t-elle en souriant. 

"Un besoin de voir autre chose"

Des clients comme Céline, la gérante Axelle en accueille chaque semaine. Depuis les annonces du troisième confinement, ils viennent d'endroits très proches. "On a des demandes du village donc ils sont à quelques mètres de chez nous, indique Axelle. Ils ont besoin de souffler et de s'accorder une pause. Il y en a qui traversent et qui viennent. On a eu aussi des demandes des villages environnants."

Avec ce nouveau tourisme local, les habitudes de voyage changent. Au lieu de réserver une semaine en s'y prenant des mois à l'avance, les clients réservent une nuit ou deux à la dernière minute. Sandrin est venu 24 heures avec sa femme et ses deux enfants. "On a encore plus besoin de voir autre chose avec les temps qui courent", explique-t-il. Du coup, on en a profité puisqu'on veut déposer les enfants chez de la famille. Sinon, on n'aurait pas pu faire ça avec tout ce qui se passe en ce moment."

"On a pu courir et s'aérer l'esprit"

"Tout ce qui se passe en ce moment", c'est justement ce qui a motivé Baptiste et Benjamin à venir. Il sont étudiants en banlieue parisienne et depuis octobre, il suivent tous leurs cours dans leur chambre. Alors, même s'ils savent bien qu'il ne faut pas dépasser les 10 km, ils ont décidé de partir quand même mais dans un endroit pas trop loin et le plus discrètement possible. "On a fait exprès de de prendre des petites routes comme on sait que la police n'est que sur des grandes routes comme ça on pu éviter", raconte l'un des deux étudiants. Il est ravi de pouvoir profiter du grand air : "On a pu courir et s'aérer l'esprit parce que là, entre les cours, vivre avec la famille H-24, le confinement et les annonces les unes après les autres, c'était très compliqué. Pour moi, c'était l'occasion de décompresser."

Même si pour l'instant le planning des réservations est rempli, la gérante devra attendre la fin de la saison pour savoir si la décision d'ouvrir aura été rentable ou non.

Le tourisme de proximité en plein essor : reportage de Anne-Lyvia Tollinchi
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