Covid-19 : "On condamne les familles à un deuil impossible", une psychologue demande d'autoriser sans réserve les visites aux malades du Covid

La psychologue évoque les répercussions de l'interdiction des visites pour les proches de malades du Covid-19.

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Radio France
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Une résidente de l'EHPAD maison de retraite de Pleumartin dans la Vienne. (GÉRALDINE HALLOT / RADIOFRANCE)

"Combien de personnes se sont laissées mourir de chagrin, de solitude ?" s'interroge Marie De Hennezel, psychologue clinicienne, autrice de L’adieu interdit. Invitée de franceinfo mardi 9 février, elle plaide pour autoriser sans réserve les visites des proches aux malades du Covid : "Je voudrais lancer un appel à Emmanuel Macron, parce qu'il a semblé quand même comprendre quelle était la gravité de ces interdits. J'ai envie de lui dire qu'une seule parole de lui aujourd'hui pourrait changer les choses. (...) Il n'y a aucun fondement juridique, c'est proprement inhumain", estime Marie de Hennezel.

"Si le président de la République pouvait dire : 'Je veux désormais que les visites des proches aux grands malades et aux mourants soient autorisés sans restriction dans les hôpitaux, les cliniques privées, les Ehpad', ces établissements ne pourraient plus interdire les visites comme ils le font aujourd'hui. Il faudrait une parole forte au sommet de l'Etat, il y a trop de personnes qui souffrent", poursuit Marie de Hennezel, qui présente l'arrêt des visites dans les Ehpad entre mars et mai 2020 de "scandale du premier confinement".

Condamner "les proches à un deuil impossible"

La psychologue clinicienne est ensuite revenue sur les répercussions de l'interdiction des visites pour les proches de malades du Covid-19 : "Accompagner quelqu'un, ce n'est pas seulement le dernier moment. Il y a quelque chose d'inhumain dans le fait de dire 'on vous préviendra quand il sera mourant. Et là, vous pourrez venir le voir'."

Pour la psychologue clinicienne, "on condamne les proches à un deuil impossible, à des dépressions au long cours, car des gens ne pourront pas se pardonner d'avoir été si dociles. On ne mesure absolument pas les détresses. C'est une bombe à retardement", conclut Marie de Hennezel. La psychologue plaide pour que les proches qui viennent rendre visite aux malades soient équipés de la même manière que les soignants, avec des blouses, des gants et des masques.

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