Crédits à la consommation : UFC-Que choisir dénonce des "publicités pousse-au-crime" et des établissements "irresponsables"

Alors que 900 000 Français s’apprêtent à perdre leur emploi dans les prochains mois, les emprunts non remboursés pourraient dépasser les 12 milliards d’euros en 2021.

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Des prospectus faisant la promotion de crédits à la consommation. Photo d'illustration. (JEAN FRANCOIS FREY / MAXPPP)

UFC-Que choisir lance mercredi 16 décembre une alerte contre la "distribution irresponsable" du crédit à la consommation par les établissements bancaires. Les emprunts non remboursés pourraient dépasser les 12 milliards d’euros en 2021, selon les estimations de l'association. Face à la crise économique liée au Covid-19, UFC-Que choisir dénonce le comportement des établissements de crédit et leurs "publicités pousse-au-crime" qui "semblent bien décidés à tirer profit de la crise". L'association appelle les consommateurs à la prudence et met à leur disposition des outils pratiques pour les aider à faire valoir leurs droits.

Dix fois plus d'impayés qu'en Allemagne

Le crédit à la consommation a battu un record - qui datait de la dernière crise en 2012 - avec trois milliards d’euros sur le seul mois de juin. Mais avant même la crise économique, les banques françaises ont cumulé neuf milliards d'euros d'impayés. "Par ménage emprunteur, ces impayés dépassent 1 000 euros, soit près de dix fois plus qu’en Allemagne", souligne UFC-Que-choisir. Cette situation n'est pas forcément due aux excès des emprunteurs qui consommeraient sans compter, selon l'association, mais bien au manque de vigilance des établissements prêteurs.

"Il faut vraiment être inquiet et vigilant au sujet des crédits à la consommation", recommande sur franceinfo Matthieu Robin, chargé de mission au sein de l'association UFC-Que choisir. En moyenne 2,7% des crédits à la consommation français ne sont pas remboursés. C’est le cas de 5,6% des crédits Société Générale et même 7,1% dans le groupe BNP Paribas. À l’inverse, le Crédit mutuel ou le groupe BPCE sont à moins de 2%  de crédits non honorés. UFC-Que-choisir pointe "un sérieux manque de vigilance dans les conditions d’octroi des crédits" dans certains établissements bancaires.

Les consommateurs pas assez informés sur leurs droits

Alors que 900 000 consommateurs s’apprêtent à perdre leur emploi dans les prochains mois, les crédits à la consommation non remboursés pourraient dépasser les 12 milliards d’euros en 2021, selon les estimations de l'association. Face à ce risque de surendettement, certains citoyens, qui n'arrivent pas à rembourser leur prêt, ne sont pas toujours informés de leurs droits. Les établissements prêteurs sont autorisés à restructurer les crédits à défaut avec notamment la possibilité d'un allongement du terme et la diminution du taux. UFC-Que choisir juge "déplorable de constater que ces outils, qui peuvent contribuer à rétablir durablement un budget sont bien trop peu utilisés dans la pratique".  Les emprunteurs n'y recourent que dans 30 % des cas en moyenne, et seulement 18 % à la Société Générale.

L'association de défense des consommateurs exhorte les législateurs européens à sécuriser les emprunteurs exposés à de grandes difficultés alors qu'une déferlante d'impayés est attendue en 2021. Matthieu Robin demande également à l'État de contraindre les banques et de les obliger à des reports de mensualités, de réduire le taux d'intéret des crédits et d'allonger la durée de ces crédits.

Dans une déclaration transmise à franceinfo ce mercredi, la Fédération bancaire française (FBF) assure que les banques "sont vigilantes, en particulier dans le contexte actuel, sur les risques, avec des indicateurs internes multiples et une relation client attentive ; ces indicateurs sont stables et bas en ce moment, cela est sérieusement surveillé".

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