Coronavirus : l'épidémie a fait entre 25 000 et 30 000 morts de début mars à fin mai, estime Santé publique France

L’Ile-de-France est la région qui a été la plus touchée, suivie par le Grand-Est, en particulier les départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle selon un rapport de Santé publique France.

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Dans la chambre d'une maison de retraite à Paris, deux employés des pompes funèbres récupèrent le corps d'une victime du Coronavirus, le 7 avril 220. (ALEXIS SCIARD / MAXPPP)

Santé publique France estime qu'entre le 2 mars et le 31 mai, l'épidémie a fait "directement ou indirectement" entre 25 000 et 30 000 morts, indique l'agence mercredi 22 juillet dans un rapport qu'a consulté franceinfo, une fourchette qui témoigne néanmoins "des incertitudes" sur l’estimation de cette surmortalité. Les incertitudes sont liées à "la survenue concomitante d’une surmortalité, directement et indirectement associée à l’épidémie et d’une sous-mortalité, liée à l’effet protecteur du confinement sur les causes de décès hors Covid-19", met en garde l'agence.

Une surmortalité qui "peut être qualifiée d'exceptionnelle"

Santé publique France a constaté, entre le 2 mars et le 31 mai 2020, un peu plus de 175 800 décès toutes causes confondues sur le territoire national. Un nombre supérieur de 25 030 décès au nombre attendu de décès, que l'agence estime à partir des décès observés les années précédentes. Cela représente une augmentation du nombre de décès de 16,6%.

La hausse de décès estimée au niveau national masque de fortes disparités régionales. L’Ile-de-France est la région qui a été la plus touchée, avec une surmortalité qui "peut être qualifiée d'exceptionnelle", souligne l'agence. Elle est suivie par le Grand-Est, en particulier les départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle. Les régions Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté et les Hauts-de-France enregistrent également un taux entre 15% et 20% supérieur à la mortalité attendue. A l’inverse, en Bretagne et en Nouvelle-Aquitaine, une sous-mortalité de 4% a été estimée sur la période.

Le nombre de morts en Ehpad, probablement exagéré

Le pic du nombre de décès a été atteint en France entre le 30 mars et le 5 avril, avec "un nombre de décès proche de celui enregistré pendant les deux semaines de la canicule d’août 2003", note le rapport. Pour affiner ce premier résultat, il faut désormais attendre l’analyse des données exhaustives de l’Inserm-CépiDc, où figurent les causes médicales de décès. Des données qui seront disponibles au mieux à la fin de l’année 2020.

En effet, le nombre de morts du Covid-19 comptabilisés dans les Ehpad - 10 000 décès entre mars et fin mai - est probablement exagéré, car tous les malades n'étaient pas testés à l'époque. Ainsi certains ont-ils pu décéder d'une autre maladie. Il y a aussi des morts "indirectes" du Covid, comme des patients atteints d'un cancer, victimes d'un retard de soin pendant le confinement, par exemple.

Le calcul de la surmortalité est enfin perturbé par ce que les épidémiologistes appellent "l'effet moisson" : ce terme désigne les personnes fragiles, vulnérables, qui étaient déjà malades et seraient décédées ce printemps ou cet été, mais qui sont décédées plus tôt à cause du Covid-19.

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