Confinement local : "Il est possible que le modèle des Alpes-Maritimes puisse être reproduit ailleurs", estime Olivier Guérin, membre du Conseil scientifique

Le confinement annoncé lundi pour les deux prochains week-ends dans les communes littorales des Alpes-Maritimes était "absolument nécessaire", souligne le professeur Olivier Guérin, qui suggère d'appliquer les mêmes mesures à Dunkerque, où la situation est également critique.

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Le Promenade des Anglais, à Nice, le 20 janvier 2021 (VALERY HACHE / AFP)

"Ces mesures-là étaient absolument nécessaires", a estimé ce mardi sur franceinfo Olivier Guérin, membre du Conseil scientifique et professeur de gériatrie au CHU de Nice, alors qu'un confinement a été annoncé lundi pour les deux prochains week-ends dans les communes du littoral des Alpes-Maritimes, afin de lutter contre la propagation du Covid-19. Selon lui, "il est possible que le modèle des Alpes-Maritimes puisse être reproduit ailleurs", notamment à Dunkerque (Nord).

Franceinfo : Le confinement local était-il la seule solution ?

Olivier Guérin : Je crois que nous étions dans une situation de diffusion épidémique où il fallait prendre des mesures pour l'ensemble de notre population, pour essayer de baisser cette pression qu'on a sur les structures sanitaires. On suffoque sous le nombre de patients et il faut pousser les murs pour pouvoir les prendre en charge de la meilleure des manières. Ces mesures-là étaient absolument nécessaires. Je crois que, finalement, cette approche territorialisée devant l'augmentation du pourcentage du variant anglais, et sa surcontagiosité qui est à l'origine de ces flambées, est une bonne approche. Effectivement, il est possible que le modèle des Alpes-Maritimes puisse être reproduit ailleurs. Je pense en particulier à nos collègues de Dunkerque qui sonnent la même sonnette d'alarme que nous auprès du ministre samedi.

Cet avis est-il partagé au sein du Conseil scientifique ?

L'approche territoriale avait été déjà proposée par le Conseil scientifique. C'est une approche qui a la vertu d'épargner les zones où, finalement, pour l'instant, le virus ne circule pas et ne sature pas l'offre de soins. Et effectivement, c'est une approche assez expérimentale, donc on verra bien si ça marche. Mais en tout cas, je pense qu'il faut tout tenter dans la situation dans laquelle nous sommes.

Faut-il rerouter les vaccins depuis les zones les moins touchées, comme par exemple le Finistère, vers celles qui sont plus touchées, comme la région des Alpes-Maritimes ?

Je pense que oui, et je pense que c'est aussi une promesse qu'on doit à nos concitoyens. On demande des efforts supplémentaires, mais il faut qu'on ait en regard, maintenant qu'on a cette arme-là, la promesse de la vaccination plus rapide.

Surtout que cette vaccination fonctionne, cela se voit dans les Ehpad, où la campagne est bientôt terminée.

Oui, tout à fait. Plus des trois quarts des résidents d'Ehpad qui sont éligibles à la vaccination l'ont été. Il y a maintenant les rattrapages, puisqu'il y a des nouveaux arrivants dans les Ehpad, donc il faut évidemment les vacciner au fur et à mesure qu'ils arrivent dans les établissements. Mais nous avons une couverture vaccinale qui est de grande qualité dans les Ehpad. Le sentiment sur le terrain, c'est que nous commençons à avoir moins de résidents touchés. Il y a moins de cluster dans les Ehpad que ce que nous avons connu ces derniers mois. C'est un élément très important qui nous permet de réfléchir, puisqu'il y a une saisine du Haut conseil en santé publique, à peut-être assouplir - il faut être prudent encore, on attend aussi les données de nos collègues israéliens, par exemple - les règles de contraintes qui pèsent sur ces établissements et sur leurs résidents.

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