Confinement : les Ehpad ont "trouvé le bon équilibre entre la sécurité et la liberté", estime le président de l'Association des directeurs au service des personnes âgées

Contrairement au confinement du printemps, les visites dans les maisons de retraite et les Ehpad sont autorisées.

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Radio France
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Illustration d'un Ehpad (Établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes). (DOMINIQUE TOUCHART / MAXPPP)

Même si les Ehpad ont "trouvé le bon équilibre entre la sécurité et la liberté", "nous ne garantissons pas la sécurité totale" des résidents, déclare sur franceinfo samedi 31 octobre, Pascal Champvert, président de l'Association des directeurs au service des personnes âgées (l'AD-PA). Les visites seront autorisées en maison de retraite et en Ehpad lors du nouveau confinement, contrairement au printemps, avec un protocole sanitaire strict. Le président de l'AD-PA alerte également sur la situation des aides à domicile qui "n'ont aucune augmentation, pas d'aide psychologique, et dont le matériel de protection n'est pas remboursé".

franceinfo : Ce nouveau confinement va-t-il mieux se passer que le premier dans les Ehpad ?

Pascal Champvert : Nous avons des préconisations du ministère qui sont assez précises. Elles sont prises depuis la fin du mois d'août. Le vrai point noir aujourd'hui en matière d'aide aux personnes âgées, ce n'est pas dans les établissements, c'est l'aide à domicile. Parce que dans les établissements, nous avons du renfort de professionnels, on peut augmenter les budgets pour recruter le personnel supplémentaire qui nous manque. Nous allons avoir des soutiens psychologiques pour les salariés. Et puis, ils ont eu sur la fiche de paie du mois d'octobre, les revalorisations salariales du Ségur de la santé.

Le problème, c'est que tout cela n'existe pas pour les aides à domicile. Pourtant, le président de la République a rappelé l'autre jour la nécessité de penser à tous les personnels qui apportent des soins, qui aident à la toilette et au ménage. Mais tous ces salariés n'ont aucune augmentation, pas d'aide psychologique, et le matériel de protection n'est pas remboursé. Donc aujourd'hui, c'est l'urgence, le point noir majeur. Il faut que le président de la République, le premier ministre, accompagnent sérieusement les professionnels de l'aide à domicile.

Comment arriver à freiner les décès dans les Ehpad et en même temps éviter que la santé mentale des résidents ne se dégrade ?

La bonne balance, c'est la balance actuelle. Protéger c'est important, mais il faut protéger sans isoler. Il faut trouver l'équilibre entre la sécurité et la liberté. Il faut toujours avoir en tête que les résidents qui vivent dans des établissements de santé sont des citoyens français. Et au printemps ils ont été beaucoup plus confinés que le reste de la population. Donc, on a trouvé aujourd'hui le bon équilibre, c'est de pouvoir avoir des échanges avec les autres, tout en étant vigilant. Mais personne ne fera des établissements des lieux dans lesquels le virus n'entrera jamais. Parce que pour que le virus n'entre pas, il faut qu'aucun être humain n'entre. Et ça, c'est insupportable.

Mais alors, comment garantir la sécurité des pensionnaires ?

Nous ne garantissons pas la sécurité totale, de même que nous ne garantissons pas la sécurité totale des Français. Aucun gouvernement au monde ne peut dire que zéro de ses habitants n'aura le coronavirus. Par contre, ce qu'il faut faire, c'est multiplier les mesures qui vont permettre de faire que le virus ait le moins de probabilité d'entrer, et qu'ensuite, si le virus entre, il ait le moins de probabilité de se propager. C'est ce que nous faisons aujourd'hui, par exemple par rapport à la crise du printemps. Nous avons tous des masques, ce qui n'était pas le cas au printemps. Et puis, il y a les tests qui, très vite, permettent de savoir qui, parmi les salariés ou parmi les résidents, ont été contaminés par le virus.

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