Confinement : "Il ne faut pas réserver les visites aux résidents uniquement en fin de vie", déclare le président de l'Association des Directeurs au service des personnes âgées

Pascal Champvert, président de l'Association des directeurs au service des personnes âgées, est satisfait de l'annonce d'Emmanuel Macron de permettre les visites de proches aux malades en fin de vie, mais il souhaiterait que cette mesure soit élargie. 

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Radio France
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Une résidente d'un Ehpad à Bergheim (Haut-Rhin). (SEBASTIEN BOZON / AFP)

"Il ne faut pas réserver les visites des familles aux résidents uniquement en cas de fin de vie", déclare sur franceinfo mardi 14 avril le président de l'Association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA), qui regroupe des directeurs de services et d'établissements pour personnes âgées. Pascal Champvert réagissait à l’annonce d’Emmanuel Macron lors de son allocution le 13 avril. Le président de la République a déclaré souhaiter "que les hôpitaux et les maisons de retraite puissent permettre d'organiser pour les plus proches avec les bonnes protections la visite aux malades en fin de vie afin de pouvoir leur dire adieu".

franceinfo : Êtes-vous satisfait de l’annonce d’Emmanuel Macron ?

Pascal Champvert : Nous avons été entendus, mais en partie seulement, car nous continuons à penser qu’il ne faut pas réserver les visites des familles aux résidents uniquement en cas de fin de vie. Comme l’a dit le Comité consultatif national d’éthique, il faut élargir à toutes les personnes qui peuvent être affectées psychiquement par cette absence de relations, et elles vont être de plus en plus nombreuses.

Organiser ces rencontres en toute sécurité va-t-il être compliqué pour certains Ehpad, moins grands que d’autres par exemple ?

Il peut y avoir des cas où ce sera difficile, dans certains établissements. Mais je rappelle qu’il y a des salles de restaurant qui sont toutes vides puisque les résidents mangent chez eux. Il y a donc des possibilités dans ces endroits-là de faire venir une personne de chaque famille avec un résident, avec toutes les procédures de distance, de masque, de nettoyage de mains. C’est quelque chose qui nous parait tout à fait essentiel. Par ailleurs, il faut pouvoir envisager que les résidents puissent sortir dans le jardin, dans les parcs de l’établissement comme tous les Français qui ont le droit de sortir une heure par jour, ce qui n’est pas le cas actuellement.

À partir de quand ces rencontres pourront-elles débuter ?

Nous attendons le feu vert des pouvoirs publics et du gouvernement. Il faut que l’État tire les conséquences de l’avis du Comité consultatif national d’éthique. Il nous faut absolument réussir la prolongation du confinement, mais aussi l’adapter pour qu’il soit supportable pour les personnes âgées qui vivent en établissement, comme à domicile.

Voyez-vous arriver les tests et les masques dont le gouvernement a promis qu’ils seraient déployés dans les Ehpad ?

Nous sommes encore en situation de pénurie de tests et de masques. Nous avions soutenu la décision du ministre de la Santé de généraliser les masques, mais nous n’en avons pas encore à ce jour. Et je rappelle qu’il en manque encore dans certains services à domicile. Il nous en faut, et des tests également. Leur présence faciliterait les visites, mais on n’a pas besoin d’attendre les tests pour les organiser. Néanmoins, il faut comprendre que les tests sont indispensables pour avoir une stratégie beaucoup plus adaptée dans le cadre de la lutte contre le virus, en établissement mais aussi à domicile. Les personnes âgées doivent être testées, les familles et les soignants aussi.

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