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Confinement à cause du coronavirus : "Il va falloir faire preuve de fermeté mais surtout dans un premier temps de pédagogie", indique la police

"Le volet répressif sera mis en œuvre seulement si on se retrouve face à des récalcitrants", explique David Le Bars, secrétaire général du syndicat des commissaires de la police nationale.

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Radio France
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David Le Bars, secrétaire général du Syndicat des commissaires de la police nationale. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

 Il faut que "chacun comprenne les risques" car c'est "une question majeure de santé publique", réagit mardi 17 mars sur fraceinfo David Le Bars, secrétaire général du syndicat des commissaires de la police nationale, après les mesures de confinement annoncées la veille au soir par le président de la République en raison de l'épidémie de coronavirus. "Il va falloir faire preuve de fermeté mais surtout dans un premier temps de conviction et de pédagogie", explique-t-il alors que les mesures seront appliquées dès la mi-journée. "Le volet répressif sera mis en œuvre seulement si on se retrouve face à des récalcitrants", a-t-il ajouté.

franceinfo : Serez-vous prêts dès midi à faire respecter toutes les règles en vigueur pour le confinement ?

David Le Bars : Il faut être honnête. Dès midi peut-être pas pour les 100 000 policiers et gendarmes annoncés. Pour un premier déploiement, pour une mesure qui s'annonce compliquée, il va falloir faire preuve de fermeté mais surtout dans un premier temps de conviction et de pédagogie. On a un rôle ingrat dans cette situation majeure de santé publique. Il y a le volet répressif, mais je crois qu'avant tout ça va être une question de pédagogie et de dialogue avec la population pour que chacun comprenne les risques.

Quelqu'un qui fait son jogging a bien le droit de sortir mais quelqu'un qui marche dans la rue sans son attestation n'aura pas le droit ?

On est dans une aberration, on imagine mal quelqu'un qui fait son jogging avoir sur lui son attestation sur lui. On peut considérer que certaines personnes auront des difficultés soit à rédiger son attestation ou à l'imprimer. Il va avoir un temps de mise en place. Il faut que ce temps de mise en place ne laisse pas la place à ce qui a été vu le week-end dernier à de l'inconscience collective. La parole médicale et de santé publique est claire, le rôle de la police est de faire appliquer tout ça. Il faudra faire respecter ces règles c'est dans le sens de l'intérêt général.

Est-ce que ce sera comme en Italie, avec des patrouilles de police équipées de haut-parleurs qui demandent aux gens de rentrer chez eux ?

Ce serait une des premières mesures à mettre en œuvre, ça paraîtrait une évidence mais on va être limité par rapport aux moyens dont disposent les forces de l'ordre, les policiers ou les gendarmes par rapport à ce genre de véhicules. On a des véhicules équipés et ce genre de messages seront à mettre en œuvre. Le volet répressif sera mis en œuvre seulement si on se retrouve face à des récalcitrants. Il faudra vite voir ce que le gouvernement met à notre disposition. L'aspect répressif, est à appliquer quand les gens ne veulent rien savoir. Il faut que ce soit dissuasif, 38 euros ça va être insuffisant pour ceux qui ne veulent rien savoir.

Est-ce que tous les commissariats disposent de masques pour protéger les policiers qui vont être amenés à contrôler ce confinement ?

Non. C'est encore une difficulté. On n'a pas au niveau des forces de l'ordre, les moyens nécessaires. L'astuce consiste à faire travailler les forces de l'ordre et les faire respecter pour elles-mêmes et pour leur santé, les mesures barrières tout en étant au contact des populations qui sont infectées. On sait aujourd'hui qu'il n'y aura pas forcément le nombre de masques nécessaires. Le masque n'est peut-être pas la réponse à tout. Mais dans ce type d'interventions, il va falloir que les policiers eux-mêmes puissent communiquer, faire de la pédagogie et réprimer les récalcitrants en n'ayant pas eux-mêmes tous les moyens de protection. Il va falloir que chacun prenne conscience de sa propre sécurité.

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