Chômage partiel pour les parents d'élèves : la Peep aurait préféré connaître ce dispositif plus tôt, pour "commencer l'année de façon plus sereine"

Le gouvernement a finalement décidé de permettre aux parents de rester en activité partielle indemnisée en cas de fermeture de classes pour garder les enfants. 

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Radio France
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Les fermetures d'école pour cause de coronavirus compliquent la vie professionnelle des parents (photo d'illustration). (LIONEL LE SAUX / MAXPPP)

Alors que le gouvernement a annoncé mercredi soir que les salariés du privé contraints de garder leurs enfants en raison d'une fermeture d'école sans pouvoir télétravailler pourront, sous conditions, être placés en activité partielle, le porte-parole de la Peep, la deuxième fédération d'associations de parents d'élèves, Hubert Salaün, déclare apprécier la mesure mais estime jeudi 10 septembre sur franceinfo qu'il "aurait été mieux qu'on connaisse déjà ce dispositif dès septembre, ça aurait permis de commencer l'année de façon plus sereine".

franceinfo : Êtes-vous satisfait du retour du chômage partiel ?

Hubert Salaün : C'est ce qu'on attendait parce que ça va soulager les parents. Il y a quand même beaucoup d'inquiétude. Les parents voient des classes fermer dans les communes voisines, sur leur commune, des lycées maintenant. Donc, au moins, les parents vont pouvoir justifier le fait qu'ils vont garder les enfants devant leur employeur. La situation est déjà compliquée comme ça, ajouter des relations complexes avec l'employeur, ce n'était pas simple.

Le dispositif sera rétroactif jusqu'au début du mois de septembre. Est-ce une bonne chose ?

Il aurait été mieux qu'on connaisse déjà ce dispositif dès septembre, ça aurait permis de commencer l'année de façon plus sereine. On a vu par exemple des parents qui ont eu des symptômes au niveau de leurs enfants et qui ont préféré les faire tester, qui ont mis entre temps leurs enfants à l'école parce qu'ils n'avaient pas forcément de solution pour les garder, et une fois que le résultat du test arrivait, on s'apercevait qu'on devait fermer l'école parce que les enfants ont été en contact avec d'autres. Donc plus les parents sont sereins, plus facilement ils peuvent s'arrêter pour garder leurs enfants et moins on fermera l'école.

Bien sûr, on va dépenser un peu d'argent pour indemniser ces parents, mais fermer les écoles, ça coûte encore beaucoup plus cher économiquement et socialement. Il vaut mieux que quelques parents puissent rester à la maison plutôt que d'obliger après tous les parents à rester 15 jours chez eux. 

Hubert Salaün, porte-parole de la Peep

à franceinfo

Espérez-vous que la continuité pédagogique puisse être rapidement mise en place, pour les élèves maintenus à la maison ?

Dans mon secteur, il y a un gros lycée qui vient de fermer donc dès lundi la continuité pédagogique a été mise en place pour les élèves. On peut penser que les établissements maintenant ont eu le temps de préparer ça, ont pu expérimenter un peu de nouveaux outils, mettre en place des procédures communes. Quinze jours sans école, maintenant, ce n'est plus acceptable. On a eu un système dégradé au printemps, là maintenant, il faut que l'école fonctionne correctement.

Les parents vont-t-il supporter ce nouveau retour à la maison ?

On n'a pas le choix. Si les écoles sont fermées parce que le Covid-19 circule, on n'a pas le choix. On est dans une vie contrainte qui n'est vraiment pas confortable pour les familles depuis plus de six mois. Donc il va falloir assumer au niveau des enfants. L'urgence est sans doute peut-être parfois moins importante au niveau du primaire ou si c'est une semaine ou deux semaines de fermeture. Mais quand il s'agit de lycées, quand les enfants préparent des épreuves, vont préparer Parcoursup, ont des spécialités, on ne peut pas se permettre de perdre 15 jours au niveau du programme. Donc, il faut vraiment un enseignement, une continuité pédagogique de qualité qui se mettent en place très rapidement.

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