"Ce sont des endroits où l'on peut encore voir de la peinture" : privés de musées, les amateurs d'art remplissent les galeries

Alors que les musées sont fermés depuis le 30 octobre, les galeries d’art attirent depuis quelques semaines une partie de leurs visiteurs habituels. C'est d’autant plus vrai quand elles présentent des artistes à forte notoriété.

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Radio France
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Des visiteurs à la galerie Lelong devant des peintures de David Hockney. (ANNE CHEPEAU / RADIO FRANCE)

Devant la galerie Lelong, dans le 8e arrondissement de Paris, une file d’attente. Et à l’intérieur, des agents de sécurité régulent le flux des visiteurs pour respecter la jauge maximale autorisée à cause de l'épidémie de Covid-19. Tous viennent admirer les dernières œuvres du peintre britannique David Hockney sur la Normandie. L’artiste contemporain est certes une star mais la fermeture des musées n’est pas étrangère à cette fréquentation inhabituelle.

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"Nous recevons entre 250 et 300 personnes par jour, indique ainsi François Dournes, le directeur adjoint de la galerie. C'est de toute façon un chiffre très important et je pense qu'il serait beaucoup plus important si on avait une jauge illimitée."

"Je pense qu'il y a des primo-visiteurs : c'est un phénomène qui est incontestablement accentué par le contexte, mais qui est aussi lié aussi l'importance d'un artiste comme David Hockney. Cela touche un public évidemment beaucoup plus large..."

François Dournes

à franceinfo

Pour de nombreux visiteurs, les galeries sont en effet devenues une alternative. "Il n'y a pas de musée, explique une visiteuse. Comme j'aime bien David Hockney aussi. J'avais vu l'exposition à Beaubourg et j'avais adoré. C'est une occasion de regarder ce que fait David Hockney maintenant."

"C'est la pandémie de Covid qui a changé mon attitude, ajoute son voisin. On a besoin de voir la peinture ! On n'en voit plus et les galeries sont encore un endroit où l'on voit de la peinture." "En ce moment, conclut une troisième, tous les musées sont fermés, alors cela fait un bien fou. J'aime beaucoup ces peintures : elles sont très joyeuses, très colorées. Je trouve que ça fait du bien à l'âme !"

La présidente du Comité Professionnel des Galeries d'art, Marion Papillon, dans sa galerie du quartier du Marais à Paris. (ANNE CHEPEAU / RADIO FRANCE)

Cette hausse de la fréquentation, Marion Papillon qui préside le comité professionnel des galeries d’art l’a aussi constatée depuis début janvier dans sa propre galerie, installée dans le quartier du Marais. "On a une fréquentation en hausse, même la semaine, et plutôt de belle fréquentation le week-end, souligne-t-elle. Le premier samedi, on a eu une centaine de personnes dans la galerie, ce qui est plutôt une jolie fréquentation. On sent qu'il y a un public qui profite du fait qu'on soit ouvert."

Davantage de visiteurs ne veut pas dire plus d’acheteurs. A contrario, certains collectionneurs habituels ne se déplacent plus. "Nous avons, en moyenne, et la moyenne est relativement mondiale, entre 30% et 40% de baisse des ventes, déplore Marion Papillon. Et 40% des galeries ont perdu plus de 50% de leur chiffre d'affaires." D’ailleurs, certaines galeries parmi les plus fragiles ont déjà suspendu leur activité.

Le succès public des galeries d'art : reportage d'Anne Chépeau
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