Autorisation du vaccin Pfizer-BioNTech : "On a encore besoin de confirmations" de l'efficacité pour les plus de 75 ans, tempère l'infectiologue Elisabeth Bouvet

Tous les feux verts ont été donnés, la vaccination débutera bien dimanche 27 décembre en France. Seront tout d'abord concernés les résidents de deux ou trois Ehpad. Une bonne nouvelle pour les professionnels de santé même si, selon certains, des études plus poussées pour les plus de 75 ans restent nécessaires.

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Radio France
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Des personnes âgées reçoivent un vaccin contre le coronavirus Pfizer-BioNTech à Tel-Aviv, Israël, le 23 décembre 2020. (NIR KEIDAR / ANADOLU AGENCY / AFP)

La Haute autorité de Santé (HAS) vient d’autoriser l’utilisation du vaccin développé par Pfizer-BioNTech pour les plus de 16 ans. Le professeur Elisabeth Bouvet est la présidente de la Commission technique des vaccinations à la HAS. Elle est à l’origine de ce feu vert. Elle était invitée jeudi 24 décembre sur franceinfo et pour elle, il est malgré tout nécessaire que les études sur ce vaccin continuent même après le début de la campagne de vaccination. Notamment du côté des personnes les plus âgées : "On n'a aucune raison de s'inquiéter" de l'efficacité pour les plus de 75 ans, "mais statistiquement, c'est vrai qu'on a encore besoin de confirmations".

franceinfo : Vous dites qu'il faut envisager des études plus poussées pour les personnes de plus de 75 ans qui se vaccinent, pourquoi ?

Elisabeth Bouvet : Nous avons des données qui sont excellentes, sur l'efficacité de ce vaccin chez des personnes de tous âges et notamment les personnes de 65 ans. Cependant, dans l'essai sur lequel on se fonde pour donner cet avis, il y a un nombre de personnes âgées de plus de 75 ans qui n'est pas très important, ce qui ne permet pas de conclure complètement - ou du moins de calculer réellement - une efficacité. On n'a aucune raison de s'inquiéter, mais statistiquement, c'est vrai, quand on prend les chiffres, on a encore besoin de confirmations.

Les études sur ce vaccin, vont-elles se poursuivre en parallèle, même si la campagne de vaccination débute ?

Oui, c’est absolument essentiel. Il y a déjà eu pas mal de personnes qui ont été vaccinées avec les essais, on a plus de 60 000 personnes concernées. On est à plus de 500 ou 600 000 personnes vaccinées dans le monde parce que d'autres ont commencé avant nous. On a vraiment besoin de vérifier à la fois l'efficacité et la durée de l'efficacité parce que ce que l'on sait, c'est que ce vaccin est très efficace. Mais pour l'instant, on ne sait pas combien de temps. Donc ça, c'est très important de le mesurer maintenant chez les personnes qui auront été vaccinées dans la vie réelle. Et puis de vérifier aussi que la tolérance est aussi bonne que ce qu'on s'attendait à voir. Il est très important de continuer à surveiller tous ces éléments.

Vous évoquez dans votre avis une immunité assez courte, moins de deux mois, ça semble assez peu ?

On ne dit pas que l'immunité est courte. On dit qu'on n'a pas de recul plus important. Ça ne veut pas dire qu'elle n’est pas plus longue. C'est simplement qu'on est prudents. L'essai était tellement probant à cette date-là que les données ont été publiées. C'est ce qui a permis de rendre l'autorisation aux vaccins. Et bien évidemment, toutes les données ont continué d'être colligées et on saura d'ici un mois ou deux comment se poursuit cette efficacité au-delà.

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