Affaire Dominic Cummings : un membre du gouvernement britannique démissionne après les explications peu convaincantes du conseiller de Boris Johnson

Alors que le Royaume-Uni est le deuxième pays au monde le plus endeuillé par la maladie, avec près de 37 000 morts, l'histoire de ce conseiller de Boris Johnson qui a enfreint le confinement monopolise la une des journaux. 

Le conseiller du Premier ministre britannique, Dominic Cummings, arrive au 10 Downing Street, à Londres, mardi 26 mai 2020. 
Le conseiller du Premier ministre britannique, Dominic Cummings, arrive au 10 Downing Street, à Londres, mardi 26 mai 2020.  (JUSTIN TALLIS / AFP)

L'affaire Dominic Cummings, du nom du conseiller de Boris Johnson accusé d'avoir enfreint le confinement, continue de secouer le Royaume-Uni. Mardi 26 mai, un membre du gouvernement britannique, le secrétaire d'Etat pour l'Ecosse, Douglas Ross, a démissionné, marquant son désaccord avec l'exécutif, qui continue de soutenir le conseiller controversé. 

Cette démission intervient au lendemain d'une conférence de presse pendant laquelle Dominic Cummings n'a exprimé ni excuses ni regrets, mais a assuré avoir agi de manière "légale et raisonnable" en parcourant 400 kilomètres malgré le confinement qui imposait aux Britanniques de rester chez eux.

"Des habitants de ma circonscription n'ont pas pu dire au revoir à leurs proches, des familles n'ont pas pu faire leur deuil ensemble, des gens n'ont pas pu rendre visite à leurs proches malades parce qu'ils suivaient les recommandations du gouvernement", a expliqué Douglas Ross, sur Twitter. "Je ne peux pas, en toute bonne foi, leur dire qu'ils avaient tous tort et qu'un conseiller du gouvernement avait raison", a-t-il poursuivi, expliquant ainsi la raison de sa démission du gouvernement. 

Une affaire qui embarrasse le gouvernement 

Les explications de Dominic Cummings n'ont pas suffi à éteindre l'incendie. Déjà critiqué pour sa gestion de la pandémie et les accrocs de son plan de déconfinement, le chef du gouvernement, Boris Johnson, peine à tourner la page de l'affaire provoquée par son très controversé et influent conseiller, présenté entre autres comme le cerveau de la campagne du référendum de 2016 qui a abouti au Brexit. 

Craignant d'être contaminé par le Sars-CoV-2, Dominic Cummings a expliqué s'être rendu avec sa femme et leur fils de 4 ans chez ses parents à Durham, dans le nord-est de l'Angleterre, parce qu'il cherchait une solution pour garder son enfant. Un second déplacement est particulièrement critiqué : une visite à proximité du château médiéval de Barnard, à une quarantaine de kilomètres du domicile de ses parents, le jour de l'anniversaire de sa femme. Le conseiller a assuré que cette virée en voiture devait lui permettre de vérifier qu'il pouvait conduire en toute sécurité car sa vue avait été affectée par le virus.

Boris Johnson est monté au créneau à deux reprises, dimanche et lundi, pour défendre devant la presse son conseiller dont il est très proche, concédant lundi soir regretter la "confusion" et la "colère" provoquées par l'affaire. Poids lourd du gouvernement, le ministre Michael Gove est venu à son tour à la rescousse de Dominic Cummings en le présentant comme un "homme d'honneur et d'intégrité". "Je pense que la plupart des gens comprendront qu'il était sous pression et a voulu placer au premier plan la santé de sa femme et de son fils", a-t-il déclaré au micro de la BBC, mardi. Or, pour le Labour, principal parti d'opposition, avec l'affaire Cummings, "le gouvernement envoie un message clair : il y a une règle pour le plus proche conseiller de Boris Johnson et une autre pour tous les autres".