Affaire Djokovic : comment Novak est devenu "Novax" au fil de la pandémie de Covid-19

Article rédigé par
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 8 min.
Le tennsiman serbe Novak Djokovic chez lui à Belgrade, le 29 mai 2021. (ANDREJ ISAKOVIC / AFP)

Le numéro 1 mondial, dont un juge a ordonné la libération lundi, a récupéré le soutien des opposants au vaccin. Un sujet sur lequel le Serbe monte lui-même régulièrement au filet.

Novak Djokovic aura au moins gagné quelque chose lors de son périple en Australie : un surnom. Enfermé durant cinq jours dans un centre de rétention de Melbourne, où il est censé disputer l'Open d'Australie, première levée du Grand Chelem de la saison 2022, le meilleur joueur de tennis de la planète a été libéré, lundi 10 janvier, mais il risque encore l'expulsion du territoire

Le Serbe a fait beaucoup parler de lui ces derniers jours, au point d'être rebaptisé "Novax" Djokovic par des fans d'un autre genre. Ceux-là, moins passionnés par son incroyable jeu de fond de court que par ses positions anti-vaccin contre le Covid-19, ont trouvé leur nouveau héros. "L'homme libre est du côté de Djokovic", savoure par exemple Florian Philippot, figure du mouvement antivax en France. 

Mieux : "Djoko" est carrément devenu aux yeux de son père "le symbole et le leader du monde libre, le monde des nations et des peuples pauvres et opprimés". C'est "le Spartacus du nouveau monde qui ne tolère pas l'injustice, le colonialisme et l'hypocrisie", brandit, fièrement, Srdjan Djokovic dans une interview accordée au média serbe Telegraf. En Serbie, le cas "Djoko" est pris très au sérieux par le corps médical.

L'aura de l'enfant du pays est telle que certains professionnels de santé estiment qu'il porte une part de responsabilité dans le fait que le taux de vaccination patine. Une étude régionale menée à l'automne dernier par le Balkans in Europe Policy Advisory Group (Biepag) a révélé que plus de la moitié des sondés n'avaient "aucune intention" de recevoir leurs doses (page 6) et que les théories conspirationnistes autour du Covid-19 rencontraient un écho "frappant" dans les Balkans.

Jusqu'à présent, l'homme aux 20 titres du Grand Chelem a entretenu le flou en refusant de s'exprimer sur sa situation personnelle. Ses avocats ont néanmoins précisé, samedi 8 janvier, qu'il motivait sa demande d'exemption par une infection au virus, contractée en décembre. "Je suis opposé à la vaccination contre le Covid-19 pour pouvoir voyager. Mais si ça devient obligatoire, je vais devoir décider si je le fais ou pas. J'ai mon propre avis sur la question, est-ce qu'il changera à un moment donné, je ne sais pas", a par exemple lâché "Nole" en avril 2020, à une époque où la pandémie débutait et où les laboratoires commençaient à peine leurs recherches pour trouver un vaccin.

En novembre 2021, le joueur a profité du Masters disputé à Turin pour re-re-redire en conférence de presse qu'"on devrait avoir la liberté de choisir, de décider de ce qu'on veut faire [à propos de la vaccination]. Dans ce cas particulier, ce qu'on veut s'injecter dans le corps." 

"L'eau réagit à nos émotions"

C'est que la star de 34 ans a l'habitude de tenir des positions singulières au sujet des sciences et de la santé. Au printemps 2020, il a par exemple déclaré lors d'un live sur Instagram : "J'ai vu et je connais des gens qui, grâce à cette énergie, grâce aux pouvoirs de la prière et de la reconnaissance, ont réussi à transformer la plus toxique des nourritures, ou même la plus polluée des eaux, en l'eau la plus pure. Parce que l'eau réagit à nos émotions."

Quasiment au même moment, l'intéressé était en fait chez lui à Belgrade, en train de régler les derniers détails de l'Adria Tour, un tournoi qu'il a lui-même imaginé en réponse à l'annulation de nombreux événements de tennis pendant la pandémie. Sur place, les masques sont très bien dans les poches et la distanciation sociale très bien au vestiaire. C'est plutôt ambiance bain de foule avec les enfants, accolades, câlins et virées en boîte de nuit (comme le montrent les images ci-dessous).

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Covid-19

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.