Bébés nés sans bras : le gouvernement lance une nouvelle enquête

La ministre de la Santé annonce dimanche une enquête de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail et de Santé publique France.

Dans une maternité de Thionville (Moselle), le 14 juin 2017. 
Dans une maternité de Thionville (Moselle), le 14 juin 2017.  (MAXPPP)

Le gouvernement a décidé de lancer une nouvelle enquête sur des bébés nés sans bras dans plusieurs départements, a déclaré dimanche la ministre de la Santé, invitée du "Grand jury" RTL-Le Figaro-LCI

Avec le ministre de la Transition écologique, François de Rugy, "nous avons décidé de relancer une enquête" avec l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) et Santé publique France pour avoir des "regards croisés" de médecins et d'experts de l'environnement, déclare Agnès Buzyn. La ministre ajoute : "On ne peut pas se satisfaire de dire qu'on n'a pas trouvé de causes, c'est insupportable." "Bébés nés sans bras : s'en remettre à la fatalité n'est pas acceptable !" a pour sa part tweeté François de Rugy, au sujet de cette "nouvelle enquête" pour "faire toute la lumière sur l'origine de ces malformations".

Ces cas groupés ont été observés dans l'Ain (sept naissances entre 2009 et 2014), en Loire-Atlantique (trois naissances en 2007 et 2008) et dans le Morbihan (quatre naissances entre 2011 et 2013), à chaque fois dans un périmètre restreint. Ils ont suscité des inquiétudes dans les zones concernées.

Après une première enquête, l'agence Santé publique France a conclu début octobre que le nombre de cas de l'Ain n'était pas statistiquement supérieur à la moyenne nationale. A l'inverse, il y a bien, selon elle, un excès de cas en Loire-Atlantique et dans le Morbihan, mais qui restent sans explications. Selon Agnès Buzyn, il y a "entre 80 et 100 naissances par an avec des malformations de membres" en France. 

Des erreurs "grossières" dans le premier rapport

Les causes peuvent être génétiques, liées à des contraintes physiques ou dues à des substances toxiques (alimentation, environnement, voire médicaments dans le cas du thalidomide, anti-nauséeux qui a fait naître des milliers d'enfants malformés entre 1957 et 1962). Plusieurs facteurs entrent sans doute en ligne de compte. 

Agnès Buzyn a par ailleurs assuré qu'il était "hors de question d'arrêter la subvention des registres" y compris du Remera (registre des malformations en Rhône-Alpes) dirigé par Emmanuelle Amar. Basé à Lyon, ce registre, le plus ancien des six registres des malformations congénitales de France, est au centre d'une polémique scientifique après avoir révélé les cas de l'Ain. "Quand il y a un registre qui cumule des cas pendant 20 ans, 30 ans, si à un moment vous l'arrêtez, on ne peut plus le démarrer, vous perdez l'information. Quand on a un registre qui fonctionne, il ne faut surtout pas l'arrêter", a souligné la ministre.

Le 16 octobre, plusieurs biostatisticiens, interrogés par Le Monde (article abonnés), ont dénoncé le rapport de Santé publique France qui avait conclu à l'absence d'anomalies. Selon ces scientifiques, ce rapport contient des erreurs "grossières".