Cet article date de plus de six ans.

Loi santé : de la prison pour incitation au "binge drinking"

Le projet de loi santé a été présenté en Conseil des ministres ce mercredi. En plus de la généralisation du tiers payant, Marisol Touraine prévoit le choix d’un médecin traitant pour les moins de 16 ans. Autre mesure : une lourde amende et une peine de prison en cas de "binge drinking".
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
 (L'incitation au binge drinking sera passible d'un an de prison de 15.000 euros d'amende © Maxppp)

La réforme santé sera "structurante ", "durable " et "mobilisatrice ", a répété Marisol Touraine ce mercredi, lors de la présentation de son projet de loi de santé en Conseil des ministres. On en savait déjà pas mal sur le texte, détaillé en juin dernier (comme la généralisation du tiers payant et l’expérimentation de salles de shoot), mais on en apprend encore un peu plus.  "Il n'est pas acceptable que des Français refusent de se soigner pour des raisons d'argent ", a déclaré Marisol Touraine pour défendre la généralisation du tiers payant, une "mesure centrale, la plus visible " du projet, "une mesure de simplicité et de justice ".

 

A LIRE AUSSI ►►► Tiers payant, salles de shoot, actions de groupe, la loi de santé dévoilée

Le projet prévoit de lutter contre le phénomène de binge drinking en vogue chez les adolescents (ndlr : des soirées où on cherche à boire un maximum d'alcool en un minimum de temps ) en instaurant une lourde amende en cas d’incitation à cet enivrement express. 15.000 euros et un an de prison.

En revanche, les mesures pour lutter contre le tabagisme (paquet de cigarettes neutre et interdiction des cigarettes électroniques dans les lieux publics), ne figurent pas dans le texte présenté ce mercredi.

Un médecin traitant pour les 0-16 ans

 (Les familles pourront désormais désigner un médecin traitant pour leur enfant © Maxppp)

Autre mesure, l’instauration d’un médecin traitant pour les enfants. La ministre de la Santé souhaite ainsi un meilleur suivi des 0-16 ans. Ce médecin traitant sera chargé de réaliser les consultations prévues tout au long de la croissance de l'enfant, et permettra notamment de dépister l’obésité précoce. Pour MG-France, premier syndicat chez les médecins généralistes, ce dispositif est une "reconnaissance " de leur travail sur le long terme.

 

Cette mesure n’est pas très bien accueillie par tous les spécialistes, car elle ne résout pas le problème de la pénurie de pédiatre. "Pour pallier un défaut d'organisation (...) on va créer un système qui ne va pas pour autant régler les problèmes, loin de là ", estime le professeur Brigitte Chabrol, présidente de la Société Française de Pédiatrie. "La notion de médecin traitant nous semble un peu figée et risque de faire perdurer l'absence de coordination entre les médecins généralistes et les pédiatres ".

De plus, cette mesure coûtera cher à l’Assurance maladie. Avec plus de 800.000 naissances chaque année, et à raison de 5 euros par enfant correspondant au forfait versé pour le médecin traitant, la mesure coûtera minimum 65 millions d'euros. 

Dossier médical relancé

Le projet de loi de santé de Marisol Touraine prévoit également le retour du dossier médical personnel. Lancé il y a dix ans, il est pour l’instant boudé par les praticiens. Le carnet numérique, pour l’instant géré par l'Agence des systèmes d'information partagées de santé (Asip), le sera désormais par l’Assurance maladie. Cette dernière étant "mieux à même d'en assurer le déploiement", selon le projet de loi.

 

Le dossier médical personnel regroupe les données médicales de chaque patient (synthèse du médecin traitant, résultats d'analyses, radios, etc.) dans un dossier électronique. Il doit  permettre d'éviter les examens redondants ou les interactions médicamenteuses, en favorisant les échanges entre professionnels. Il avait été lancé en 2004 par Philippe Douste-Blazy, le ministre de la Santé de l’époque et devait permettre de réaliser des "milliards d’euros " d’économies. 

 (loi de santé)
 

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.