Un million de patients français ont abandonné le Levothyrox, selon une association

L'association Vivre sans thyroïde a dénoncé, jeudi 8 mars, "une crise sanitaire" dont les autorités n'auraient pas encore pris la mesure.

Des boîtes de Levothyrox, le 22 octobre 2017, à Lyon.
Des boîtes de Levothyrox, le 22 octobre 2017, à Lyon. (NICOLAS LIPONNE / NURPHOTO / AFP)

"La crise sanitaire est loin d'être résolue." L'association Vivre sans thyroïde a affirmé, jeudi 8 mars, qu'environ un million de Français malades de la thyroïde, soit un tiers des patients, avaient abandonné le Levothyrox au profit d'autres traitements. Pour aboutir à cette estimation, l'association a dépouillé une vaste base statistique sur les volumes de tous les médicaments remboursés publiée, début février, par l'assurance-maladie. D'après Vivre sans thyroïde, les chiffres montrent que le Levothyrox a perdu près d'un tiers (31%) du marché au quatrième trimestre 2017. Or il y a en France, selon la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, quelque 3 millions de malades traités.

Bataille de chiffres

Ces chiffres sont "en contradiction complète avec les affirmations officielles des pouvoirs publics, qui assurent encore aujourd'hui que ce n'est pas une crise sanitaire", dénonce l'association. Selon le rapport de pharmacovigilance rendu public fin janvier par l'Agence du médicament (ANSM), le nombre de signalements d'effets indésirables attribués à la nouvelle formule du Levothyrox était de 17 310 à la date du 30 novembre. L'ANSM, qui estime à 2,3 millions le nombre de patients traités avec ce médicament pour la thyroïde, a calculé un pourcentage de 0,75% de signalements.

"Les autorités ne font en fait référence qu'aux 17 000 malades ayant rempli avant fin novembre 2017 des procédures complexes de signalement en pharmacovigilance, et non à ceux (un million au moins) qui n'ont pas supporté la nouvelle formule et ont changé de traitement sous supervision médicale", objecte Vivre sans thyroïde. Après la mise sur le marché de la nouvelle formule du Levothyrox, certains patients se sont rapidement plaints d'effets secondaires. Face à leur colère, les autorités de santé ont tâché de mettre à disposition d'autres traitements, alors que le Levothyrox était en situation de quasi-monopole.