Les produits de blanchiment des dents plus strictement encadrés

Les autorités ordonnent le retrait "sans délai" des plus dangereux et en suspendent d'autres, en attendant leur mise en conformité.

Le blanchiment des dents est de plus en plus utilisé pour des raisons esthétiques.
Le blanchiment des dents est de plus en plus utilisé pour des raisons esthétiques. (RAGUET H. / BSIP / AFP)

L'utilisation de certains produits très largement utilisés pour blanchir les dents va être plus strictement encadrée en France, selon une décision parue vendredi 9 août au Journal officiel. Celle-ci prévoit le retrait "sans délai" des plus dangereux, et en suspend d'autres, en attendant leur mise en conformité. "Il s'agit de la transposition d'une directive européenne entrée en vigueur en octobre dernier et qui encadre plus étroitement tous les produits contenant du peroxyde d'hydrogène" explique le Dr Joël Trouillet, secrétaire général de l'Association dentaire française (ADF).

Il existe actuellement plusieurs techniques pour éclaircir la teinte des dents, soit dans le but de corriger une coloration anormale et gênante, soit, de plus en plus fréquemment, pour des raisons esthétiques. La plus répandue consiste à utiliser des produits à base de peroxyde d'hydrogène (eau oxygénée).

"Hypersensibilité dentinaire, irritation des muqueuses..."

Mais cette technique peut se révéler dangereuse en cas de concentration importante du produit. C'est ainsi que depuis un arrêté publié l'an dernier, il est interdit en France d'utiliser des produits dont la concentration en peroxyde d'hydrogène est supérieure à 6%. "Ces produits présentent des risques d'effets aigus et à long terme augmentés, tels que notamment l'hypersensibilité dentinaire, l'irritation des muqueuses et l'altération de l'émail, pouvant conduire à une usure prématurée, voire une fragilisation de la dent", peut-on lire dans le Journal officiel.

La décision de mieux encadrer les conditions d'utilisation, prise début juillet par l'Agence nationale du médicament, prévoit que les fabricants et les distributeurs interrompent la distribution des produits les plus dangereux et procèdent à "leur retrait sans délai". Elle remet également de l'ordre dans la dénomination des produits autorisés (ceux dont la concentration de peroxyde d'hydrogène est inférieure à 6%) qui continuent, pour certains, à être présentés comme des dispositifs médicaux alors que, selon la réglementation européenne, il s'agit de produits cosmétiques.