Les jeunes fument et boivent davantage mais se disent en bonne santé

Dans l'édition 2013 de son étude "France, portrait social", l'Insee constate que les 15-24 ans ont des comportements à risque qui peuvent avoir des répercussions sur leur santé.

À 17 ans, un jeune sur deux a été ivre au moins une fois au cours de l’année, selon l\'Insee.
À 17 ans, un jeune sur deux a été ivre au moins une fois au cours de l’année, selon l'Insee. (SILVIA SALA / FLICKR RF / GETTY IMAGES)

La santé est rarement la préoccupation première des jeunes. Et lorsqu'on les interroge, plus de neuf personnes sur dix entre 16 et 24 ans se déclarent en "bonne" ou "très bonne" santé, selon l'édition 2013 de l'étude "France, portrait social" de l'Insee, publiée jeudi 14 novembre. Toutefois, en les interrogeant sur d'autres sujets, l'Institut observe des pratiques à risque chez les adolescents et les jeunes adultes. Ces comportements ne les exposent pas nécessairement à un risque de décès immédiat, mais peuvent avoir des répercussions sur leur santé.

Les filles et les jeunes femmes ont un problème avec leur poids

Chez les filles, le corps est l'expression de leur mal-être. Près d'une collégienne sur cinq en classe de 3e a déclaré suivre un régime en 2010, et 42% se voient "un peu" ou "beaucoup" trop grosses, contre 5% des garçons. Plus d'une ado sur quatre déclare ne pas faire de régime mais avoir besoin de perdre du poids.

Le surpoids et l'obésité sont plus fréquents chez les jeunes adultes que chez les ados. En 2012, 18% des jeunes filles âgées de 18 à 24 ans sont en surpoids ou obèses. Ce phénomène s'inscrit dans une évolution à la hausse depuis le début des années 2000, note l'Insee. L'Institut ne donne pas de véritable explication, mais évoque les conclusions de quelques études, comme la diminution du temps de sommeil, ou de mauvais comportements alimentaires après le départ du domicile parental.

Une consommation d'alcool et de tabac régulière

Un jeune sur deux de 17 ans déclare avoir été ivre au moins une fois au cours de l'année. Pour étayer ces données, l'Insee précise que l'alcool est la substance psychoactive expérimentée à l'âge le plus précoce. "En classe de CM2, 54% des enfants déclarent avoir déjà consommé de l'alcool. Plus tard, au lycée, l'expérimentation de l'alcool est quasiment généralisée pour les deux sexes", indique l'institut. Le phénomène des ivresses répétées et régulières prend de l'ampleur sur la période récente, précise-t-il.

En outre, l'Insee a observé un rebond de la consommation quotidienne de tabac chez les jeunes de 17 ans entre 2008 et 2011. Elle avait pourtant reculé entre 2005 et 2008. Les filles comme les garçons sont concernés par cette évolution défavorable. En revanche, les jeunes expérimentent et consomment de moins en moins souvent du cannabis. Ils étaient 32% à déclarer avoir consommé du cannabis au moins une fois dans le mois en 2002, contre 22% en 2011.

Une surmortalité masculine entre 15 et 24 ans

Dans cette tranche d'âge, la mortalité masculine est trois fois plus élevée que celle des jeunes femmes, souligne l'Insee (762 filles contre 2 273 garçons en 2013). Près des deux tiers de ces décès "masculins" (1 471 cas) sont associés à des morts violentes : accidents de la circulation (33%), suicides (17%) et dans 15% des cas à cause d'intoxication, chutes ou homicides. Ces morts, notamment les accidents de la circulation, peuvent être imputés à des comportements à risque de type consommation d'alcool par exemple. L'Insee note par ailleurs un rebond de la surmortalité masculine à partir de 50 ans.