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La pollution parisienne aussi nocive que la fumée des cigarettes

Une étude réalisée au cours des 18 derniers mois et présentée lundi par l’association Airparif affirme que la pollution à Paris peut être comparée au tabagisme passif. Ces données ont été recueillies par un ballon équipé d’un appareil laser capable de mesurer les nanoparticules. Ces très petites particules sont les plus nocives pour l’homme.
Article rédigé par France Info
Radio France
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  (Les nanoparticules produites par l'industrie et les automobiles sont les plus nocives pour la santé © Maxppp)

Sortir dans Paris le 13 décembre 2013, au plus fort du pic de pollution (du 9 au 14 décembre) équivalait à entrer dans une pièce de 20 mètres carrés contenant 8 cigarettes allumées. C’est l’effrayant résultat de l’enquête présentée lundi par l’association Airparif, chargée de contrôler la qualité de l’air en Île-de-France. "L'épisode de décembre 2013 est dominé par les très petites particules, principalement carbonées, qui sont liées au trafic automobile ou à l'industrie" , a expliqué Jean-Baptiste Renard, chercheur au CNRS et auteur de l’étude.

 

Six millions de particules

Ces nanoparticules ont pu être mesurées grâce à la technologie laser du "ballon de Paris" qui flotte depuis 18 mois au-dessus du parc André-Citroën dans le 15e arrondissement de Paris.  Il mesure 7 jours sur 7 et en continu le nombre de particules présentes dans l’air, du sol jusqu’à 300 mètres d’altitude.  Le 13 décembre à 18 heures, un record a été atteint avec six millions de particules présentes dans l’air. Mais il n’y a pas que lors de ces pics de pollution que nous respirons des particules nocives. "On a en fait 100 à 200 particules par litre d’air et on respire un demi-litre dans un situation de pollution moyenne. Et je ne parle que des particules d’au moins 0,2 micromètres. Pour ce qui est des particules plus fines, les nanoparticules il peut y en avoir 10 à 100 fois plus" avertit Jean-Baptiste Renard.

Ces nanoparticules sont non seulement les plus nombreuses mais aussi les plus dangereuses pour la santé selon Jean-Félix Bernard, président de l’association Airparif : "Le problème c’est que plus les particules sont fines, plus elles pénètrent dans les voies respiratoires. Elles touchent le fond des poumons et les cellules pulmonaires. Elles peuvent aussi pénétrer le sang et se retrouver dans l’ensemble de l’organisme."

Un plan anti-pollution pour début 2015

La Mairie de Paris, qui a participé à la réalisation de l’enquête, prépare un plan pour réduire les émissions de polluants. Christophe Nadjovski, adjoint au maire indique qu’il entrera en action début 2015. "Ce plan aura deux axes, l'un visant à réduire le volume de la circulation automobile en développant les alternatives à la voiture, l'autre à modifier le parc roulant constitué à 60% de véhicules diesel" a-t-il précisé, ajoutant que l’une des pistes envisagées était la mise en place de zones à accès limité voire interdits pour les véhicules les plus polluants.

Outre celui de décembre 2013, un autre pic de pollution parisien avait marqué les esprits en mars 2014. La Tour Eiffel était alors à peine visible, couverte d’un épais voile de particules. 

Le "ballon de Paris" passe le ciel au laser - Le reportage de Nathalie Fontrel
 

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