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L'aspirine, pour le meilleur et pour le pire

Ce médicament en vente libre est l'un des plus consommés au monde. On lui attribue autant de mérites, comme récemment son action préventive contre certains cancers, que de méfaits.

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France Télévisions
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L'aspirine aurait des propriétés pour prévenir certains cancers, selon plusieurs études internationales.  (CLOSON/ISOPIX/SIPA)

Plus d'un siècle après son invention, l'aspirine est toujours l'un des médicaments les plus consommés au monde. Mais aussi l'un des plus controversés. Tantôt il préviendrait certains cancers, comme le confirme vendredi 28 octobre une étude britannique, tantôt il provoquerait hémorragies et ulcères.

Alors, remède ou poison ? Petite revue d'effets primaires et secondaires.

• Le meilleur

Apaise la douleur

C'est la fonction première de l'aspirine. Elaborée à partir de l'acide acétylsalicylique, extrait de l'écorce du saule blanc, elle possède des propriétés apaisantes : elle fait baisser la fièvre, calme la douleur et agit comme un anti-inflammatoire.

Fluidifie les échanges sanguins

L'aspirine possède aussi des propriétés dites "antiagrégantes", c'est-à-dire qu'elle fluidifie le sang. Elle est ainsi utilisée dans la prévention d’accidents cardiovasculaires comme l'infarctus du myocarde ou l'AVC, accident vasculaire cérébral.

Agi(rai)t sur certains cancers

Plusieurs études récentes font un lien entre la prise d'aspirine sur de longues périodes et son effet préventif sur certains cancers. Le 28 octobre, une étude publiée dans la revue britannique The Lancet observe une réduction du risque de développement du cancer colorectal chez des personnes à très haut risque héréditaire, et qui ont absorbé 600 mg d'aspirine par jour pendant au moins deux ans.

Plus généralement, selon une étude publiée l'an dernier dans la même revue, prendre 75 mg d'aspirine quotidiennement pendant plusieurs années réduirait de 20 % le risque de mortalité de certains cancers. De là à en conclure qu'il faudrait en prescrire à tous à partir d'un certain âge, il y a un pas que les chercheurs eux-mêmes se refusent à franchir, appelant à des travaux supplémentaires.

• Le pire

Expose à des risques d'hémorragie digestive…

C'est l'un des effets secondaires les plus fréquents et redoutés. L'envers de la médaille. Les propriétés anticoagulantes de l'aspirine peuvent exposer à des risques d'hémorragie digestive parfois mortels. "Si on combine de faibles doses d'aspirine avec des médicaments anti-ulcéreux, très efficaces, cette association-là pourrait être utilisée de façon préventive dans une population beaucoup plus large", note toutefois dans Le Point Laurent Becquemont, pharmacologue à l'hôpital Bicêtre, dans le Val-de-Marne (94).

… et cérébrale

En avril 2009, la revue scientifique Archives of Neurology signalait que des micro-saignements cérébraux avaient été observés chez des personnes âgées consommant régulièrement de l'aspirine. Là aussi, il faut nuancer : la population concernée présentait un risque d'accident cardiovasculaire pouvant entraîner lui-même des micro-saignements.

Pourrait rendre aveugle

D'après une étude internationale menée sur plus de 4 600 personnes âgées et publiée en septembre 2011, les individus consommant une dose quotidienne d'aspirine sont deux fois plus susceptibles de souffrir de cécité plus tard.

 

Comme tous les médicaments, l'aspirine présente donc des bénéfices tout autant que des risques. Mais le fait qu'elle soit en vente libre et souvent consommée sans consultation médicale préalable rend cette équation plus sensible. "Que se passerait-il si une fraction non négligeable de la population aujourd’hui en bonne santé décidait de prendre chaque jour de l'aspirine à petites doses ?", s'inquiète Jean-Yves Nau, journaliste et docteur en médecine, sur Slate.fr.

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