Hôpitaux : les urgences "au bord de l'implosion", selon les renseignements généraux

Une note du service central du renseignement territorial du ministère de l’Intérieur décrit des urgences victimes de la dégradation des conditions de travail et "malades d’un engorgement massif".

L\'épidémie de grippe a battu son plein en février 2015 et a saturé les urgences hospitalières, comme ici à l\'hôpital Saint-Roch de Nice (Alpes-Maritimes).
L'épidémie de grippe a battu son plein en février 2015 et a saturé les urgences hospitalières, comme ici à l'hôpital Saint-Roch de Nice (Alpes-Maritimes). ( MAXPPP)

Le document est censé être réservé à un cercle restreint : le président de la République, le Premier ministre, les ministres de l'Intérieur et de la Santé. Le Parisien révèle des extraits d'une note confidentielle rédigée par le service central du renseignement territorial du ministère de l’Intérieur qui tire la sonnette d'alarme sur l'état des urgences hospitalières en France.

Dans cet "état des lieux", rédigé par des gendarmes et des policiers, les services des urgences sont décrits comme "malades d'une engorgement massif". Le document estime même que "selon les syndicats, ce secteur semble au bord de l’implosion". La dégradation des conditions de travail a provoqué de nombreux mouvements de grève. Est notamment pointée du doigt la réduction du nombre de lits, qui contribue à "saturer les services hospitaliers d’urgence ainsi que les unités d’hospitalisation de courte durée, en particulier avec les patients âgés".

Marisol Touraine reconnaît "une grande période de fatigue"

Plusieurs établissements sont cités comme problématiques : l'hôpital de Lens (Pas-de-Calais), en grève depuis le 18 février, celui d’Orléans-la-Source (Loiret), en grève illimitée depuis le 1er mars, mais aussi les hôpitaux du Mans (Sarthe) et de Roanne (Loire). La note souligne également que l'épidémie de grippe a créé des tensions dans de nombreux hôpitaux, et met l'exécutif en garde contre un risque social : "Compte tenu de la fragilité économique des établissements hospitaliers et des annonces de restrictions budgétaires, quelques mouvements de protestation pourraient prendre corps."

Sollicitée par Le Parisien, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, reconnaît "une grande période de fatigue" des personnels hospitaliers liée à "l'épidémie de gastro à Noël" suivie de l'épidémie de grippe. Elle rappelle également les diverses mesures prises pour "fluidifier le parcours des patients" et instaurer le paiement des heures supplémentaires au-delà de 39 heures. Mais la note souligne l'urgence de se pencher sur ce chantier qui pourrait être très coûteux, à l'heure où le gouvernement cherche plutôt les économies.