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Reportage Pour assurer la sécurité à l’hôpital Tenon à Paris, un bouton d’alarme anti-agression utilisé "au moins une fois par nuit"

À l'hôpital, pour faire face aux agressions quotidiennes, certains établissements n'ont pas attendu que des drames se produisent et ont déjà mis en place des systèmes de surveillance et d'alarme discrets et efficaces, comme à l'hôpital Tenon à Paris.
Article rédigé par Solenne Le Hen
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min
Le Dr Hélène Goulet, chef du service des urgences de l’hôpital Tenon, devant l’un des boutons d’alarme que peuvent actionner les soignants lorsqu’ils se sentent vulnérables face à un patient agressif. (SOLENNE LE HEN / RADIO FRANCE)

Pour entrer à l'hôpital Tenon, il faut montrer patte blanche. Contrôles des sacs par les vigiles à l'entrée, puis surveillance vidéo des déplacements à l’aide de 180 caméras, dont les images sont scrutées depuis le PC sécurité. " Là, par exemple, j’ai l’accueil des urgences. Je clique dessus et je vois directement le personnel qui reçoit le patient, décrit Guillaume Dolphin, chargé de sécurité. On n’a pas accès aux salles de soins, précise-t-il. C’est interdit de filmer directement un patient sur un brancard. On ne filme que les couloirs et la salle d’attente."

Les salles d'attente sont jugées particulièrement à risque, confirme Cédric Vilquin, directeur de la sécurité du groupe hospitalier. "Ce sont des lieux qui sont propices à des tensions importantes en raison de l’attente qui peut parfois être assez longues aux urgences."

Dans les salles de soins, un bouton d’alarme

Aux urgences, justement, la salle d'attente est séparée de la zone de soins par une porte qui s'ouvre uniquement avec un badge. Et pourtant, c'est parfois dans cette zone de soins que des patients dérapent, s'énervent et deviennent violents. Il y a alors un gros bouton rouge placé dans chaque box. "On s’en sert, soit quand on sait qu’on va être obligés de contentionner un patient qui est agressif et qu’on a besoins de tous les bras possibles du service, ou en cas d’agression dans le box", explique la Dr Hélène Goulet, chef du service des urgences. C’est très simple, on presse le bouton et un message surgit des haut-parleurs, indiquant l’endroit où intervient le problème.

"Au début, on est deux mais après, quand on déclenche l’alarme, on peut être 15-20. Tout le service débarque !"

Anas Sabir, infirmier

à franceinfo

Tout le service en effet s'interrompt et accourt, tout comme les vigiles postés à l'entrée des urgences. "Ce bouton, ça a été une demande de l’équipe, précise Anas Sabir. On a eu plusieurs cas de violences assez importantes il y a plusieurs années et ça alerte aussi les patients qui peuvent être agités. Quand on voit beaucoup de soignants arriver on se dit 'bon, on va coopérer plutôt que d’en arriver à des situations un peu plus complexes'." Le système rassure aussi Céline Sorrente, cadre de santé la nuit, où, précise-t-elle, il n'y a parfois que des femmes parmi les soignants. "Il y a beaucoup moins de personnels et on l’utilise au moins une fois par nuit", affirme-t-elle.

Le service des urgences a reçu ces dernières années 50% de plus de patients atteints de troubles psychiatriques. Les soignants estiment que ce bouton d'alarme est devenu indispensable à leur quotidien.

La semaine dernière, une infirmière est morte poignardée par un déséquilibré au CHU de Reims. Les obsèques de Carène Mézino ont lieu jeudi 1er juin. Lundi 5 juin, deux soignants, Jean-Christophe Masseron et Nathalie Nion, remettront au ministre de la Santé un rapport avec 450 propositions pour améliorer la sécurité.

Un bouton anti-agression à l'hôpital Tenon, à Paris : reportage de Solenne Le Hen

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