La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, annonce le dégel de 415 millions d'euros pour les hôpitaux

Depuis 2013, des crédits destinés au financement des hôpitaux sont gelés chaque année par le gouvernement, qui peut décider de les annuler ou au contraire de les restituer si les objectifs budgétaires sont respectés.

La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, à l\'Elysée, à Paris, le 24 octobre 2018.
La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, à l'Elysée, à Paris, le 24 octobre 2018. (ERIC FEFERBERG / AFP)

Les établissements de santé récupéreront en décembre l'intégralité des 415 millions d'euros mis en réserve cette année dans le budget de l'Assurance maladie, a annoncé Agnès Buzyn lundi 3 décembre. "C'est la première fois que nous rendons tout (...) en une fois", a précisé la ministre de la Santé. Depuis 2013, des crédits destinés au financement des hôpitaux sont gelés chaque année par le gouvernement, qui peut décider de les annuler ou au contraire de les restituer si les objectifs budgétaires sont respectés.

"Nous pensons que l'Ondam [objectif national de dépenses d'assurance maladie] est respecté" pour 2018 et "que chacun a fait les efforts" nécessaires, a expliqué Agnès Buzyn. "Nous sommes très attentifs à la situation des hôpitaux et nous nous mettons en ordre de marche pour enclencher" leur transformation dans le cadre du plan santé, "en ne leur imposant pas d'économies supplémentaires", a fait valoir la ministre.

"Un signal très fort"

Début novembre, les quatre fédérations hospitalières du privé, du public et du privé à but non lucratif s'étaient unies pour réclamer le dégel complet des sommes mises en réserve et une hausse des tarifs. Le geste concédé par le gouvernement "ne répare pas tous les dysfonctionnements hospitaliers", a reconnu Agnès Buzyn, citant notamment le cas des hôpitaux dont les déficits structurels sont "liés à des masses salariales trop importantes par rapport à leur activité". Mais c'est "un signal très, très fort pour les établissements de santé du respect qu'on leur porte et de l'accompagnement qu'on met en place", a-t-elle estimé.

En septembre, la Commission des comptes de la Sécurité sociale tablait sur des "dépenses des établissements publics et privés environ 105 millions d'euros en dessous de l'objectif" assigné. Elle préconisait toutefois "l'annulation d'une partie des crédits mis en réserve", dont 200 millions pour les hôpitaux et cliniques, afin de compenser le "dépassement important des dépenses de soins de ville"En 2017, le gouvernement avait gelé 432 millions d'euros de crédits hospitaliers, avant d'en reverser 166 millions fin décembre, puis 250 millions début mars 2018.